1- Le mois de Adar
"Celui qui entre dans Adar rajoutera à la joie, celui qui entrera dans le mois de Av, diminuera à sa joie."
La Guemara Taanit 29a explique que c'est la raison pour laquelle un Juif qui devrait se trouver en jugement devant un non-Juif durant le mois de Av, devra faire en sorte de repousser cette date. En effet, le peuple Juif n'est pas dans une bonne période , dans un bon mazal, il sera préférable qu'il repousse cette date au mois d'Adar, qui est une période propice pour le peuple d'Israël. Quand Aman voulut faire du mal au bnéi Israël, il regarda dans les astres pour savoir qu'elle devait être la période la plus propice pour s'attaquer au peuple d'Israël. Il y tira au sort le mois d'Adar. Il vit en effet que ce mois est celui du décès de Moché Rabbénou, qui fut le dirigeant du peuple; Aman pensa donc que ce mois lui serait favorable, mais il ne vit pas que ce mois était aussi celui de la naissance de Moché...
En quoi ce mois est-il plus fort que les autres mois ?
Ce mois est situé sous le signe des poissons qui vivent dans l'eau de la même manière que les bnéi Israël vivent dans l'eau qui est le symbole de la Torah. Tant que le peuple d'Israël étudie la Torah, il est protégé, comme nous l'avons vu avec la guerre contre Amalek, qui a êté possible parce qu'Israël n'avait pas suffisamment étudié la Torah. Il en fut de même avec le massé Mordekhai; les Juifs à cette époque n'étudiaient pas suffisamment la Torah, ce qui provoqua les projets de persécution d'Aman.
2- Le Taanit (le jeûne) Esther.
Le 13 Adar, en ce jour, les ennemis d'Israël voulurent exterminer le peuple Juif, et le but de ce jeune fut de montrer que ce n'est pas avec la force que l'on gagne une guerre, mais avec la prière et le jeûne. Et ce jeûne, le peuple d'Israël le reçut sur lui pour toutes les générations, comme il est écrit dans la Méguila Esther, au chapitre 9n verset 31 : "(Ils) acceptèrent pour leur compte, et pour le compte de leurs descendants ces Jeûnes est ces supplications."
Ce jeûne est nommé par le nom d'Esther puisque c'est elle qui commença ce jeûne, ensuite vint Mordekhai et les autres membres du peuple ; ce Jeûne dura 3 jours. Aujourd'hui, il ne dure qu'un seul jour.
Le Midrach sur Michlèe (Les Proverbes), Chapitre verset 2, dit que dans le futur, toutes les fêtes seraient annulées sauf Pourim qui restera.
Le Bnéi Issakhar nous explique que les fêtes furent fixées par rapport à la sortie d'Egypte, comme nous le disons dans le Kiddoush de Iom Tov, "en souvenir de la sortie d'Egypte" ; tandis que Pourim est là pour que nous nous souvenions de la mémoire d'Amalek. Comme le dit le Prophète Jérémie, chapitre 16 verset 14-15 : "Des jours viendront, dit L'Eternel où l'on ne dira plus : "Vive L'Eternel qui a fait monter les enfants d'Israël du pays d'Egypte !", mais : "Vive L'Eternel qui fait monter les enfants d'Israël et de toutes les contrées où Il les avait exilés !" Car Je les aurai ramenés sur leur territoire, que J'avais donné à leurs ancêtres."
La Guemara Brakhot, 12b, explique que les Bnéi Israël continueront certes à glorifier les miracles de la sortie d'Egypte mais que ceux-ci, en comparaison aux miracles de la libération finale, apparaîtront secondaires.
Et le miracle de Pourim appartient à cette catégorie des miracles qui sont ceux de la libération finale, car tant que le souvenir d'Amalek n'est pas annulé, le trône divin ne peut trouver sa complétude.
3- Pourquoi la Méguila porte-t-elle le nom d'Esther et non celui de Mordekhai ?
La première raison, c'est que le miracle de Pourim fut caché (Esther en hébreu), car tout ce qui se passa en ce temps pouvait évidemment être expliqué par des coïncidences naturelles, le nom même de la Méguila nous rappelle donc par allusion cette présence cachée de la Main de D-ieu.
La seconde raison, c'est qu'Etsher se mit en danger en entrant chez le Roi Assuérus.
De même quand il est dit "faites entrer dans votre cœur la Torah de Moché", il est clair que ce n'est pas la Torah "de" Moché, mais celle d'Akadosh Baroukh Hou, mais c'est lui qui monta sur le Mont Sinaï recevoir la Torah, où pendant 39, Moché s'efforça de comprendre pour la recevoir, le Torah de D-ieu, mais il fit preuve d'abnégation et d'une patience telles, que c'est le quarantième jour, que toute la Torah lui fut révélée en un éclair.
Méam Loez.
4 - Par le mérite des enfants qui étudient la Torah.
Quand le décret fut signé de passer tous les Juifs au fil de l'épée, et quand les messagers sortirent pour publier l'ordre royal, Aman, rentrant chez lui, croisa Mordekhai s'adressant aux enfants d'Israël ainsi :
"Mon fils, qu'as-tu étudié aujourd'hui ?"
Le premier enfant lui répondit : "Tu ne seras pas exposé à des terreurs soudaines ni au malheur qui fond sur le méchant." (Michlée 3, 25)
Un autre lui dit : "Concertez des plans : ils échoueront ; annoncez des résolutions : elles ne tiendront pas. Car L'Eternel est avec nous !" (Isaï 8, 10.)
Quant au troisième, il lui répondit : "Jusqu'à votre vieillesse, Je resterai le même pour vous, jusqu'à votre âge extrême je vous porterai. Comme Je l'ai fait, Je continuerai à vous porter, à soutenir, à vous sauver." (Isaï 46, 4)
Mordekhai fut à ces mots remplis de joie. Il comprit du deuxième verset que le conseil d'Aman serait défait, et que les deux autres versets concernaient Amalek, la manière dont il avait attaqué le peuple juif dans le désert par surprise et sa défaite, et la promesse faite par D-ieu d'un secours éternel.
Aman lui demanda alors : "Pourquoi es-tu content Mordekhai ?"
Celui-ci lui répondit qu'il avait appris comment Aman serait puni par D-ieu lui-même.
Aman pris de colère, décida désormais de s'attaquer directement aux enfants et il s'en alla préparer une potence de 25 mètres de haut destinée à Mordekhai.
Plus tard, il vit ce dernier qui donnait cours à 22000 enfants. Aman ordonna que tous soient attachés, et il les jeta en prison. Et tandis que les mères désiraient apporter de la nourriture pour leurs enfants emprisonnés, ceux-là répondirent qu'il préféraient mourrir dans leur jeûne. A cet instant, D-ieu entendit la complainte de ces enfants, et Il s'adressa ainsi aux anges : "Est-ce des cris de brebis que j'entends ?" Et Mochè s'adressa à Lui ainsi : "Non, ce sont les cris des enfants d'Israël". A ces mots, D-ieu prit le décret d'Aman et le déchira.
5 - "Ils accomplirent ce qu'ils reçurent."
Méguila Esther.
La Guemara dans Chabbat, 88a, nous dit que dans Exode 19, il écrit : "Ils étaient en-dessous de la montagne", Rav Avdimi bar 'Hama bar Rassa explique que cela vient nous apprendre que D-ieu plaça la montagne comme un chaudron au-dessus des Bnéi Israël, et leur dit : "Soit vous acceptez la Torah orale, sinon ici sera votre sépulture." Ainsi, quand D-ieu nous demandera plus tard pourquoi nous n'avons pas effectuer telle ou telle mitsvah, nous aurions pu toujours lui répondre, que nous n'avions pas eu le choix d'accepter la Torah orale. Toutefois, la Torah orale fut encore acceptée par tout le peuple au temps d'Assuérus.
Nous n'avons plu d'excuses !
6 - "Pour les Juifs, ce n'était que joie rayonnante, contentement, allégresse et marques d'honneurs." Méguila, 8, 16.
Rabbi Eliezer Aschkénazi explique que D-ieu leur donna cette joie pour les récompenser des nombreuses souffrances subies pendant le décret d'Aman.
La joie rayonnante, car le jeûne abîme la vue.
La joie contre les pleurs.
Le contentement, contre la cendre et l'attitude pendant le deuil.
Et la Guemara dans le Traité Méguila, 16, explique que la joie rayonnante, c'est la Torah, que la joie c'est la Brit mila et le contentement, ce sont les téffilines, et il faut comprendre alors pourquoi la Méguila s'est adressé dans ces termes plutôt que de manière plus explicite. Le Sfat Emet explique qu'il s'agit là de la délivrance du peuple d'Israël qui sentit dans son âme que Torah est lumière, Brit mila, joie, et téffilines, . Et c'est cela la véritable acceptation de la Torah orale !
Pourquoi les enfants d'Israël se sont-ils réveillés à cette époque pour recevoir la Torah orale de fait de leur propre volonté ?
Le Lakhmé Toda explique que la Torah she Birtav( Torah ecrite), fait en guématria : 424, et Torah she Bealpè( Torah orale), fait 187. Au total, 611, qui correspond à la guématria de Torah. Ce qui signifie que la Torah n'est vraiment complète qu'avec la Torah orale.
Les sages ont vu que le décret fut la cause du repas que prirent les Bnéi Israël fut de 187, ce qui correspond à la valeur numérique de la Torah orale.
Pourquoi les Sages ont-ils instauré une mitsva de manger et de boire pendant Pourim. Le Gaon de Vilna explique que puisque la faute avait été de boire et de manger au repas d'Assuérus, ce qui causa une grande souffrance de même la réparation doit se faire par la nourriture, et dans la joie.
7 - Pourquoi Aman a voulu exterminer tout un peuple?
"Va rassembler tous les juifs de Suse et jeûnez!"
Pourquoi a-t-il fallu rassembler?
Parce que la désunion régnait dans le peuple d'Israël.
Esther sentit que la seule solution contre le décret était l'union du peuple.
De cette leçon, comprenons que la délivrance ne pourra venir que lorsque les juifs seront rassemblés, en Shalom, tous autour de la Torah.
Pourquoi a-t-il fallu jeûner?
On explique entre autres que c'était pour expier la faute d'avoir participé à la fête nationale de la Perse en consommant un repas non-cacher et en utilisant les ustensiles du Temple, tout cela malgré la mise en garde de Morde'hai haTsadik (le Juste). Les juifs de Shushan pensaient avoir mieux compris le problème du judaïsme et croyaient que c'est la différence qui créée l'antisémitisme.
Les périodes les plus noires de l'histoire juive survinrent toujours après un grand relâchement de l'observance du judaïsme de la part des enfants d'Israël.
C'est le cas à l'époque de la Méguila en Perse, par l'émergence d'un pouvoir tyrannique sous la conduite d'Aman le méchant.
Le phénomène se renouvela au moyen-âge où l'Espagne, arrivée à son age d'or, voyait des juifs accourir de partout. Lorsque l'inquisition commença à sévir, les juifs refusèrent de partir au point de se convertir. (Cela n'empêcha certains de nos frères de continuer à pratiquer leur judaïsme en cachette, ni de faire preuve d'un héroïsme exemplaire sur le bûcher de l'inquisition).
Le troisième exemple que nous offre l'histoire, celui qui demeure encore fraîchement gravé dans nos mémoires, c'est celui de l'Allemagne où l'assimilation était galopante et les réformistes en étaient arrivés jusqu'à modifier leur rituel de prière en remplaçant le mot "Jérusalem" par "Berlin". Point n'est besoin de mentionner ce qu'il se passa par la suite.
Sans vouloir tirer trop vite de conclusion basée sur une relation de cause à effet, nous ne pouvons cependant demeurer indifférents devant le parallèle frappant qu'il y a entre la situation de ces trois pays, à trois époques complètement différentes. A chaque fois, nous observons une ascension économique, sociale et culturelle du pays, puis un relâchement de l'observance du judaïsme, suivie enfin de l'ascension au pouvoir d'un régime dictatorial antisémite.
Par trois fois, les juifs voulurent se confondre avec les peuples et l'antisémitisme le plus virulent apparut.
Le Rav Kook explique qu'il y a une ressemblance entre les mots "Esther" et "histoire". "Historia" en hébreu selon le rav s'écrit avec un tav qui veut dire "esther ya", (la main) de D-ieu cache, "Historia" signfie "D-ieu cache".
8 - Education
De l'histoire de Pourim, nous pouvons enseigner une grande leçon à nos enfants. Chaque fois qu'ils seront confrontés à une peur ou une angoisse quelconque, rappelons-leurs que nous-même avons tous avons été plongés dans l'angoisse devant le décret terrible qui pesait sur nous. Mais D-ieu ne nous a pas abandonné et dans Sa grande bonté, il a transformé le décret en notre faveur.
Cette foi et confiance en l'Eternel aide beaucoup les enfants à surmonter leurs épreuves de la vie!
9 - La réussite: le gagnant et le perdant
Maudit soit Aman...Béni soit Morde'hai...et de même, que la mention de 'Harbona nous soit favorable!
Le Gaon de Vilna nous enseigne que le résultat bénéfique issu de la bénédiction ne se révèle qu'en fin de compte et pas immédiatement. De même, l'effet de la malédiction, que D-ieu nous en préserve, n'apparaît forcément pas tout de suite, mais peut être différé à plus tard.
En effet, il n'y avait pas dans la génération de la Méguila d'Esther de personne qui réussissait mieux dans toutes ses entreprises qu'Aman le méchant: richesses, honneurs, descendance, rien ne lui manquait. Mais par sa nature perfide, il attira sur lui toutes les malédictions et sa fin fut des plus amères.
En contrepartie, il n'y avait pas de personne plus pitoyable que Morde'hai. Esther lui fut enlevée et conduite au palais d'un non-juif impur et rustre. De plus il semblerait que c'est à cause de lui que fut prononcé le décret sur les juifs.
Cependant Morde'hai était Tsadik et par conséquent, il était béni dans toutes ses actions. C'est pour cela que sa fin fut des meilleures. Il alla en grandissant.
De là apprends que le même principe se retrouve pour tous les mécréants! Malgré leur pseudo-réussite momentanée, ils sont maudis et finissent toujours mal. A l'inverse, les justes, malgré qu'ils souffrent mille peines et endurent amertume et tourments, de toute manière, ils sont bénis, et leur fin est des meilleures.
'Harbona est un personnage particulier. C'était un mécréant, qui sévissait aux côtés d'Aman pour pendre Morde'hai. En fin de compte, il s'amenda sur son comportement, se ressaisit, et c'est lui qui suggéra de pendre Aman à la potence.
C'est cela que nous disons: "que la mention de 'Harbona nous soit favorable", allusion à la Téshouva qu'il fit au dernier moment.
10 - La boisson à Pourim
(Rabbin Nissim N. SULTAN).
Une année, RABBAH et RABBI ZIRA décidèrent de passer le festin de POURIM ensemble.
Durant le festin, ils finirent par s’enivrer si bien que RABBAH se leva et immola RABBI ZIRA.
Le lendemain, celui-ci demanda miséricorde et ramena son compagnon à la vie.
L’année suivante, RABBI ZIRA déclina d’emblée l’invitation de RABBA. « Ce n’est pas à chaque instant que les miracles se produisent ! » lui dit-il…
QUESTION : Est-il réellement obligatoire de boire à POURIM jusqu'à s'enivrer ? Si oui, dans quelle mesure ?
REPONSE : La référence talmudique relative à cette obligation est la suivante :
"RAVA a dit : Tout homme a le devoir de s'enivrer à POURIM jusqu'à ce qu'il ne sache plus [faire la différence] entre "Maudit soit Aman" et "Béni soit Mordekhaï" (Meguila 7,B).
Parmi nos décisionnaires et commentateurs, toutes générations confondues, les "adeptes" d'une interprétation restrictive de cette sentence sont nombreux.
Tout d'abord, certains font remarquer que le terme araméen "LEAVSOUME"(s'enivrer), est très modéré en comparaison à d'autres verbes araméens employés pour traduire des passages de la Torah tel que l'épisode de Loth enivré par ses filles. Fort de cette mise au point sémantique, plusieurs décisionnaires n'hésitent pas à valider la citation de RAVA, mais jusqu'au stade de la confusion "Maudit soit Aman, Béni soit Mordekhaï" non inclus.
Plus encore, Rabbenou Ephraïm, dont les propos sont repris par Rabbenou NISSIM (dit le RAN) et le Baal Hamaor, démontre que cet usage a été condamné par le Talmud lui-même !
En effet, suite aux paroles de RAVA, le Talmud fait le récit d'une expérience funeste où RABBA, dans son ivresse, immola son compagnon RABBI ZIRAH lors d'un festin de POURIM qu'ils partageaient. Aussi, selon Rabbenou Ephraïm, seule une consommation très légère et modérée est tolérable à POURIM.
Par ailleurs, d'autres commentaires plus originaux montrent que l'énumération des injonctions "Maudit soit Aman" et "Béni soit Mordekhaï" est plus ardue et complexe qu'il n'y paraît. Cela laisserait supposer que le degré d'enivrement requis est bien moindre. Les Tossefot indiquent par exemple, que la formule du Talmud n'est pas complète. Celui-ci aurait, par souci de concision, escamoté les expressions : "Maudite soit Zerech, Bénite soit Esther, Maudits soient tous les malfaisants, Béni soit tout Israël." Cette version figure d'ailleurs dans le texte du Talmud de Jérusalem.
RAV dans son commentaire talmudique "HIDOUCHE AGOUDA" fait remarquer que les valeurs numériques respectives es deux expressions "Maudit soit Aman, Béni soit Mordekhaï" sont toutes deux égales à 502. S'enivrer à POURIM, consisterait alors à ne plus être en mesure d'opérer ce calcul méticuleux de la somme des valeurs numériques de chaque lettre composant les deux expressions.
D'autres émettent aussi l'hypothèse que le Talmud ferait référence à un chant liturgique très ancien. Ce "PIYOUT" serait composé de plusieurs strophes qui s'achèveraient alternativement soit par "Maudit soit Aman", soit par "Béni soit Mordekhaï". A moins d'un effort de concentration particulier, on pouvait aisément intervertir les deux vers.
Enfin, Maïmonide ou RAMBAM écrit dans son MICHNE TORAH " ...et l'on boit jusqu'à s'enivrer et somnoler dans son ivresse... ". Ce serait dans cet état de simple somnolence que l'on ferait la fameuse confusion. Cette lecture du Talmud sera reprise par la plupart de nos décisionnaires contemporains.
Néanmoins, des partisans d'une application stricto sensu de la sentence talmudique subsistent. En effet, les grands décisionnaires du Moyen Age tels que Rabbi Isthak Elfassi (dit le RIF), Rabbenou Acher (dit le ROCH) et son fils "Le Tour" reproduisent dans leurs écrits la phrase du Talmud telle quelle, laissant ainsi planer le doute.
Notons que le CHOULHAN AROUKH, notre ouvrage de référence en matière de Halakha ne reproduit pas, contrairement à son habitude, le texte du RAMBAM, mais bien la version originelle du Talmud sans autre nuance.
Les Kabbalistes, quand à eux, estiment que du point de vue de la mystique il faut réellement s'enivrer jusqu'à confondre "Maudit soit Aman" et "Béni soit Mordekhaï".
Citons enfin l'exemple célèbre du H'AKHAM TSVI qui, lorsqu'il était jeune, ne manquait pas de mettre en pratique ce que le Talmud lui suggérait ! Plus tard son fils le "Yaavets" écrira que cet usage "particulier" est réservé aux personnessaines de corps et d'esprit, et ce, dans les limites de la santé physique et de la dignité humaine.
11- CONCLUSION
Aujourd'hui, peu de décisionnaires sont enclins à polémiquer sur le manque de précision des écrits du CHOUHAN AROUKH. Aussi reproduisent-ils plus volontiers les propos du RAMBAM et préconisent-ils de "boire un peu plus que d'habitude jusqu'à somnoler un peu."Et même si on ne somnole pas ,on ne se saoulera pas pour cette raison.Par ailleurs, ces mêmes décisionnaires ne sauraient trop faire état d'une attitude "élitiste" inspirée de la mystique, car l'abus d'alcool peut s'avérer ô combien dangereux!
Précisons enfin que la consommation d'alcool à POURIM n'est pas une obligation ferme et qu'une simple gorgée suffit pour s'en acquitter.