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Parasha Kedoshim

Sommaire

1. L'amour du prochain, Rabbi Akiva et la séfirat haOmer
2. Histoire: la force d'aimer autrui
3. Ne maudis pas un sourd
4. Education : semonces ou explications
5. L'amour désintéressé
6. Aimer c'est donner
7. La folie de se frapper soi-même
8. Savoir aimer tout le monde
9. Citations
10. D-ieu et l'amour
11. Avant la prière, aimer tout le monde
12. L'amour adoucit la rigueur (les jugements)
13. Le Chalom dans le Sanhédrin
14. Histoire :Comprendre son prochain
15. Honore le zaken!
16. Lève toi dans ta jeunesse
17. Honorer
18. Colportage
19. Sauver son prochain

 

1 - L'amour du prochain, Rabbi Akiva et la séfirat haOmer

Un des thèmes centraux de la Parasha gravite autour de la mitsva: "Tu aimeras ton prochain comme toi-même".

Y a-t-il un plus beau commandement que celui-ci pour nous faire transiter de la fête de Pessa'h à celle de Shavouth, sachant que l’on traverse la période du Omer. Cependant, c'est pendant cette même période que les élèves du Maître de la génération Rabbi Akiva furent décimés par une épidémie, qui emporta 24000 élèves. Il est connu que la cause de ce ravage provient du manque d'égard que les élèves témoignaient entre eux. Cependant, il convient d'expliquer ce que cela implique.

Le Talmud (Yebamot 62b) nous enseigne: "Rabbi Akiva avait 12 000 couples d’élèves de Guevet jusqu’à Antipras et tous sont morts pendant la même période car ils ne se respectaient pas l’un l’autre; et le monde était désole, vide [Rachi explique que la Torah s’oubliait] jusqu’à ce que Rabbi Akiva aille enseigner à Rabbi Méïr, Rabbi Yehouda, Rabbi Yossi, Rabbi Chimon et Rabbi Elazar ben Chamoua qui eux représentaient la Torah à cette époque.

Deux questions se posent :

- Pourquoi une telle épidémie vient-elle sanctionner (au point que le monde fut vide de Torah), un simple manque de respect mutuel.

- Si l'on nous enseigne qu'il y avait 12000 couples d’élèves sont morts et non pas 24000 élèves, c'est pour nous enseigner que la réussite dans leur étude était due à leur union. Dans ce cas, comment se fait-il que d'un autre côté, ils ne se respectaient pas?

Le Midrash nous apprend que c’est Rabbi Akiva lui-même qui répond à ces questions. Il s’adresse à ses nouveaux élèves en leur disant:

"Mes premiers élèves sont décédés parce qu’ils avaient Tsarout Ain, ils ne pouvaient pas supporter que leur prochain reçoive quelque chose sans penser que cela était à leur détriment. Vous, veillez bien à ne pas vous comporter comme eux et répandez la Torah en Israël.

Rabbi Akiva vient nous apprendre que la Tsaout Aïn est le point de départ du problème et il entraîne un manque de respect envers son prochain pensant qu'il nous vole notre dû.

Pour éviter de tomber dans ce piège, il faut savoir que personne ne peut venir nous voler ce qu'il nous a été destiné.

On peut expliquer le verset "tu aimeras ton prochain (réé'ha en hébreu) comme toi-même" par le sens que Rachi lui confère dans le livre où "réhé'ha" signifie D-ieu lui-même. Et notre verset dans la paracha Kedochim prend un autre sens: à travers l’amour que l’homme a vis à vis de D-ieu il arrive à annuler son égo et à comprendre que tout provient du Tout-Puissant, il n'éprouvera alors aucune jalousie quelque soit la part de son prochain. Il arrivera alors atteindre le niveau de "Tu aimeras ton prochain (ton ami) comme toi même".

(En fait, pour annuler son ego, il faut savoir donner à l'autre. Quand on lui donne, on parvient à l'aimer.)

Pour conclure, la Tsarout Aïn n’est pas à mettre seulement en relation avec les rapports sociaux, mais elle annule aussi les 48 qualités par lesquelles la Torah s’acquiert.

Car en faisant passer sa propre personnalité avant la Torah, on manifeste par ce fait le rejet complet des valeurs qui y sont enseignées. C'est ce rejet qui est la cause d'une punition du Ciel si sévère.

Le Saba Mikelem écrit que la Torah nécessite un récipient. L’homme de nature grossière n’est pas apte à la recevoir; s’il n’a pas "bon cœur" il ne peut pas partager les difficultés avec son ami et ne s’habitue pas à respecter l’autre. Il renforce son égo et de ce fait diminue la valeur de la Torah. Seul celui qui casse sa nature, son égoïsme, qui se raffine et se purifie peut prétendre acquérir la Torah.

Et c’est bien cela qu’il est écrit dans cette paracha :

Soyez Kédochim (Purs , Saints) Car Moi (D-ieu) Je suis Saint tiré de Sifté Haïm Rav Friedlander z"l

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UN HASARD ?

D’après le Rambam, la mitzva de Ahavat Israël (l’amour de son prochain) est la 32ème mitzva de la parachat Kédochim; 32 est aussi la valeur numérique de Lev qui signifie le cœur !?!

Est-ce vraiment un hasard ?

Donc avant le don de la Torah, nous devons préparer notre cœur et étudier les Maximes de nos Pères pour être apte la recevoir, comme le disent nos Sages: "Celui qui dit: "je n'ai que la Torah (sous-entendu les lois entre l'homme et son prochain, il ne les accomplit pas), même la Torah, il n'a pas".

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2 - La force d'aimer autrui

Voici une histoire qui vient illustrer admirablement en quoi consiste l'amour du prochain dans "la vie de tous les jours".

Cela se passait il y a longtemps, deux amis très proches vivaient une vie paisible; ils se connaissaient depuis de nombreuses années déjà; leur jeunesse ne leur a laisse que des souvenirs de partage et de concessions; cela a crée entre eux un lien d’amitié très fort que l’on disait sans limite.

Et puis les deux amis ont appris chacun un métier; ils se sont sépares et sont allés vivre chacun dans une ville avec leur famille.

Et comme cela arrivait souvent à l’époque une guerre éclata entre les deux villes. L’un des amis fut envoyé comme espion dans l’autre ville et fut attrapé et fait prisonnier. Le juge ne lui laissa guère de chances et il fut condamne à mort. Le jour de l’exécution, le gouverneur présent pour pareille circonstance lui demanda sa dernière volonté."Laissez moi retourner dans ma ville régler mes affaires et mes papiers pour que mes enfants ne meurent pas de faim après ma mort" lui répondit-il. "Je ne te fais pas confiance ; tu te sauveras."

"Et si je vous propose un garant de mon retour?" "Personne n’accepterait une pareille chose!"

"Appelez mon ami qui vit dans votre ville ; lui sera garant de ma bonne foi."

Et en effet l’ami se porta garant; on lui expliqua qu’il risquait d’être mis a mort a sa place ,mais il s’en tint a sa décision, et accepta d’être mis en prison en attendant le retour de son ami fixe au maximum a un mois. La fin du mois arriva et d’ami toujours pas!!

Le gouverneur appliqua alors la loi et envoya le prisonnier sur l’échafaud.L’épée était déjà sur le cou du condamne quand on entendit au loin des cris : "Arrêtez, je suis là, je suis revenu !!!".En effet, il était revenu, au dernier moment, quand personne n’y croyait plus. Il arracha l’épée du cou de son ami et la posa sur le sien, mais son ami n’était pas d’accord et joua le jeu inverse, et ainsi de suite. Le public était étonne. Le bourreau désemparé. Le gouverneur bouleverse. Bouleverse par une si grande amitié, au point que la mort de l’autre est pour son ami impensable; au point qu’il donne sa vie pour lui; parce qu’il l’aime autant que lui-même. Le gouverneur fit grâce au(x) condamne(s), et leur demanda de partager leur amitié avec lui.

Cette histoire est le reflet de ce que la guemara nous enseigne: "Ce que tu ne veux pas que l’on te fasse ne le fais pas a ton ami".

LE MOT DE LA FIN

HILLEL, a celui qui voulait apprendre TOUTE LA TORAH sur un pied, lui dit : ce que tu n’aimes pas pour toi même ne le fais pas a ton prochain. C’est cela la règle et le reste n’est que commentaires et explications.

Rav Yossef Cohen


3 - Ne maudis pas un sourd (Lévitique 19:14)

La loi orale précise que la défense s'applique à tout être vivant, même à un sourd, et qu'elle vise également celui qui n'entend pas la malédiction quoique n'étant pas sourd, car selon le Zohar la parole a une force.

Quand à Maimonide, il ne croit pas au pouvoir nocif de la parole, mais il attribue la défense à des raisons morales et pédagogiques. L'homme ne doit pas se livrer à des actes de vengeance ni céder à la rage. Aussi lui défend-on de proférer des paroles haineuses à l'égard de son prochain en lui souhaitant du mal.

Kol haTorah


4- Education : semonces ou explications

R. Israël Meïr Hacohen de Radin disait de même à ses élèves: " Lorsque vous serez des rabbins en Israël, il importe de ne pas imposer à votre auditoire des paroles de semonces et de récriminations. Car les soucis et les détresses ont rendu le cœur lourd et ces propos ne trouvent pas d’écho. Il faut avant tout expliquer aux auditeurs la gravité de la défense en question et leur faire comprendre ce que l’Eternel attend de nous. Ceci servira bien davantage que les paroles sévères préférées par la plupart des prédicateurs et que personne ne prend à cœur" " Celui qui ne sait exhorter avec douceur, écrit R. 'Haim de Wolozin, est exempt du devoir de réprimander.


5 - L'amour désintéressé

"Tu aimeras ton prochain comme toi-même, je suis l'Eternel". (Lévitique 19:18)

Le Rav Aravé Na'hal explique que le verset ne peut pas s'interpréter dans son sens simple et il se réfère donc à sa traduction araméenne: "ce que tu n'aimes pas qu'on te fasse, ne le fais point aux autres".

Chacun souhaite qu'on ne le trompe pas dans les affaires, ainsi on ne trompera pas autrui, ni on se moquera de lui, ni on ne proféra de médisance sur lui de la même manière qu'on ne souhaite pas qu'on en dise sur nous.

Dans l'antiquité, le philosophe Platon enseigna que l'amour du prochain se réalise que lorsque se trouvent réunis ensemble deux opposés. Par exemple la terre souhaite recevoir de l'eau, chaque goutte est accueillie par la terre avec un grand désir. Un riche aime un pauvre, car il est contraire à sa nature, tandis que si son prochain était également riche, il ne l'aimerait pas autant, comme nous enseigne nos Sages cet état de fait: "Un artisan n'aime pas son confrère (du même corps de métier)".

Par la suite, Aristote se moqua de lui et rejeta cette théorie et expliquant que cela ne s'appelle pas de l'amour. Car la terre qui reçoit l'eau, n'aime en fait qu'elle-même, c'est pour cela qu'elle désire recevoir de l'eau.

De même le riche aime le pauvre, car grâce à ce dernier, il parvient à calmer sa conscience en lui prodiguant de la tsédaka (aumône). Il acquérra ainsi une part du monde futur. Donc en fait, il n'aime que lui-même.

C'est ce que vient nous apprendre les Maximes de nos Pères: "l'amour qui dépend de quelque chose, en fin de compte disparaîtra. Tandis que celui qui ne dépend de rien durera à jamais."

Donc, l'amour authentique envers autrui, c'est celui pour lequel on attend rien en retour et malgré tout, on aime quand-même.

C'est cela l'explication du verset "tu aimeras ton prochain comme toi-même". Malgré qu'il te ressemble et que tu ne tireras rien de lui, malgré tout aime-le ! C'est cela l'amour sincère.

Kol Yéhouda

Note: nous savons que certains philosophes grecs comme Platon ont eu des contacts avec nos Sages et qu'une partie de leur enseignement provient du judaïsme qui leur est bien antérieur.


6 - "Aimer c'est donner"

L'amour est engendré par le fait de donner. En donnant à l'autre, on lui donnait un peu de soi-même, et on en vient à aimer le récipiendaire car on retrouve en lui cette partie de soi-même. Si on lui prodigue beaucoup de 'hessed (bonté), on se retrouve presque entièrement en lui et on en vient à l'aimer comme soi-même.

"Aimer son prochain comme soi-même sans aucune différence découle d'une identification totale avec lui, de cœur et d'âme. (Ram'hal, Messilat Mécharim)


7 - "La folie de se frapper soi-même"

Le devoir d'aimer son prochain "comme soi-même" se précise davantage dans l'exemple suivant donné par nos Sages (Talmud Nédarim 9b): En coupant la viande il se trancha l'une des ses mains. Peux-tu imaginer qu'il ira couper la seconde main pour avoir coupé la première.

Ainsi en est-il dans nos rapports avec autrui: la multitude des enfants d'Israël se rassemblent dans un seul corps s'appelant le Peuple d'Israël.

Donc on comprend que si l'un commet un méfait envers son prochain, il devra régler ce litige devant les autorités rabbiniques, comme la main droite soigne la main gauche, sans animosité.

C'est dans cette vaste perspective que R Mena'hem Schneerson de Lubavitch conçoit le devoir d'amour d'autrui. Si les êtres sont séparés physiquement les uns des autres, l'âme leur est néanmoins commune de par ses origines et de par sa nature, si bien que les sentiments des uns se répercutent chez les autres. Le Peuple constitue une unité organique. Chaque membre partage les souffrances et les joies des autres.


8 - Savoir aimer tout le monde

" Que l’homme s’habitue à ouvrir son cœur à. l’amour d’autrui et à aimer tous les hommes, y compris les pécheurs et les impies, comme s’ils étaient des frères et même davantage. On souhaitera leur repentir pour qu’ils deviennent des justes. On ne pensera qu’à leurs bons côtés, en ignorant leurs défauts et leurs vices. On se dira: si ce pauvre était riche, combien aurais-je été heureux de vivre en sa compagnie. Si cet homme délabré était bien vêtu, il ne serait point différent de moi. Pourquoi le mépriserais-je? Il est plus digne que moi aux yeux de l'Eternel, car ses souffrances et ses misères l’ont absous de tous ses péchés. Pourquoi alors haïrais-je celui qui est aimé de Dieu... " (Tomer Débora, ).

9 - Citations

Chaque juif est un fils unique au yeux du Maître du monde. Rabbi Chalom Dov Ber de Loubavitch

De la même manière que les étoiles du Ciel nous apparaissent comme des petits brillants à nos yeux, alors qu'en vérité ce sont des univers entiers, de même il y a certains juifs qui paraissent simples aux yeux du monde, mais en fait dans les cieux ils sont des géants. Le Baal Chem Tov

Un juif est comparable à une pièce d'or. Même si cette pièce peut se salir et perdre son éclat, en la nettoyant un petit peu, on lui rendra son étincellement initial.Rabbi Mordé'hai Lékovitz

Israël ressemble à la lune. Parfois elle est pleine, parfois elle s'efface. Rabbi Yaakov Yossef


10 - D-ieu et l'amour

"Tu aimeras ton prochain comme toi-même, Je suis l'Eternel"

Quel rapport y a-t-il avec "Je suis l'Eternel"?

Si tu ne trouve pas de raison pourquoi aimer son prochain, aime-le car Je suis l'Eternel, tel un homme qui déclare à son ami : "Aime mon fils, pour moi (fais-le pour moi).

"Ahava" – Aimer = chiffre 13 = E'had – Un .

Un = D-ieu. Lorsqu'il y a union, la Présence divine repose sur nous.

Lorsque j'aime mon prochain, j'aime D-ieu.

Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

Si toi tu l'aimes (13) et que lui t'aime (13) cela totalise 26 le nom de D-ieu.

Donc si tu aimes ton prochain comme toi-même, "…Je suis l'Eternel (26)".

"Shalom"- la paix, est le nom de D-ieu.

11 - Avant la prière, aimer tout le monde

Avant de prier, il faut recevoir sur soi la mitsva d'aimer son prochain comme soi-même et d'aimer tout Israël comme son âme, afin que sa prière s'élève et fasse partie du Peuple d'Israël. Ari zal, la Cabale


12 - L'amour adoucit la rigueur (le jugement)

"Tu aimeras ton prochain comme toi-même (camo'ha en hébreu). Je suis l'Eternel".

La valeur numérique du mot "Camo'ha" équivaut à 86, même valeur que le mot Elokim, nom divin sous son attribut de justice, tandis que "Je suis l'Eternel" (correspond à l'attribut de bonté).

Autrement dit, lorsqu'un juif parvint à aimer son prochain, de tout son cœur, il transforme la midat à din (justice) en clémence: "Je suis l'Eternel" (sous son attribut de bonté).'Hida

Peut-être "comme toi-même" = rigueur = le Moi de l'homme. Donc peut-être, l'annulation de son "Moi" pour autrui amène la bonté.

13 - Le Chalom dans le Sanhédrin

Le Sanhédrin (la Grande Assemblée) condamnait à l'unanimité un juif à la peine capitale, il sortait innocent car comme tous les juges étant arrivés à un Chalom total dans leur jugement, ils étaient parvenus à transformer l'attribut de rigueur en bonté !!!

14 - Histoire :Comprendre son prochain

Dans la Yeshivah de Novardok, dont R’ Avrohom Yoffin (1887-1970) était Rosh Yeshivah, il n’y avait pas de dortoir pour les etudiants. Chaque étudiant devait se trouver un logement. Dans l’ensemble, les propriétaires étaient heureux de les avoir pour locataires. Mais il y avait une exception.

L’un des immeubles, dont plus de vingt chambres étaient occupées par des etudiants, appartenait à une femme aigrie qui avait très peu de sympathie pour les jeunes hommes de la yeshivah. Cette femme, une veuve qui vivait avec son fils unique, passait son temps à se moquer des etudiants, et à les critiquer à tour de rôle.

De temps en temps, elle semait la panique dans l’immeuble. Un vendredi après-midi, par exemple, elle coupa brusquement l’arrivée d’eau. Une autre fois, elle coupa l’électricité sans raison apparente. Rapidement, ses harcèlements devinrent insupportables aux etudiants. L’un après l’autre, ils se mirent à la recherche d’un autre logement. Il n’y eut bientôt plus que quelques rares locataires dans l’immeuble. Mais la propriétaire ne changea pas d’attitude. Bien que ses revenus aient dangereusement baissé, elle continua à harceler les jeunes gens, qui déménagèrent à leur tour. Tous, sauf un — Yossef Geffen. Un matin, alors que Yossef revenait de la synagogue, il aperçut la femme hargneuse qui venait vers luien criant.

" Tu dois être fou! Comment peux-tu encore rester dans mon immeuble? Tu vois bien que tous les autres garçons sont partis — pourquoi t’obstines-tu à rester? Pourquoi ne pas t’en aller, comme eux? "

Yossef resta silencieux quelques secondes, puis dit doucement:

" Je reste ici pour vous. Je sais que vous vivez seule, et je crains qu’une nuit, vous ne tombiez, ou que vous ne soyez malade et appeliez à l’aide sans que personne n’entende vos cris. Je suis conscient du fait que quand vous criez contre nous, vous ne faites qu’exprimer votre frustration d’être veuve, et de devoir vous battre pour gagner votre vie et celle de votre fils. C’est pourquoi j’ai pensé qu’il valait mieux que je reste, au cas où vous auriez besoin d’aide. "

Le visage de la femme devint gris. Ce n’était pas du tout la réponse à laquelle elle s’attendait. Elle pensait qu’il s’emporterait à son tour. Elle était si déconcertée par les préoccupations inattendues du jeune homme qu’elle tomba littéralement à genoux et, levant les yeux vers lui, dit: " Pardonnez-moi! Pardonnez-moi, jeune homme! Je n’aurais jamais imaginé que vous restiez pour cette raison. Comme vous êtes bon et généreux! " Elle qui était habituellement cariâtre, eut soudain l’air d’une vieille femme défaite et vulnérable. Elle s’éloigna lentement, plongée dans ses pensées.

Plus tard, elle vint à nouveau s’excuser auprès de Yossef. Par la suite, elle n’adressa plus que des paroles aimables aux étudiants qu’elle rencontrait. La rumeur se répandit lentement et, voyant qu’elle n’était plus amère ni hargneuse comme autrefois, ils commencèrent à revenir. Finalement toutes les chambres furent à nouveau occupées.

Cependant Yossef, qui habitait toujours là, n’utilisa plus jamais l’entrée principale. Il préférait prendre l’entrée de service, pour éviter de rencontrer et de mettre dans l’embarras la propriétaire, qui chaque fois qu’elle le revoyait, s’excusait sans fin.

Quel bel exemple pour nous.

15 - Honore le zaken!

"Lève-toi devant une tête blanche et honore la présence d'un zaken (personne âgée)" (Lévitique 19:32)

Nos Sages disent: qu'est-ce qu'un "Zaken"? Zé kanna 'hochma (c'est celui qui a acquis de la sagesse). (Kédochim 32b)

Donc nous devons avant tout nous lever devant un Sage dans la Torah.

Mais le début du verset nous indique qu'il s'agit d'une personne âgée.

Donc nous avons deux mitsvot:

La première de se lever devant une personne âgée. Le deuxième de se lever devant un Sage de la Torah même s'il s'agit d'un enfant.

A partir de quel âge devons-nous nous lever?

Selon le Rosh (Kédochim 33), l'âge est de 70 ans.

Selon le Rachbats (Rabbi Schlom ben Tséma'h Durand) et le Ari zal, l'âge est de 60 ans.

La mitsva de se lever est applicable même pendant la prière quand la personne passe dans les 4 amot (2 mètres) ainsi que lorsqu'il étudie la Torah.

Il est une mitsva de se lever et de lui céder sa place dans un bus, sauf si la personne est malade.


16 - Lève-toi dans ta jeunesse

"Devant une personne âgée lève-toi" (Lévitique 19:32)

Avant de parvenir à la veillesse, lève-toi (au sens moral). Il n'est guère glorieux pour l'homme d'attendre les jours de vieillesse pour mener une vie morale.

17 - Honore

"Lève-toi devant une tête blanche et honore la présence d'une personne âgée" (Lévitique 19:32)

L'homme dans sa vie peut posséder différents atouts: la force, la sagesse, la richesse, le pouvoir, les honneurs. Mais lorsqu'il vieillit, il perd en général une partie d'entre eux. Il peut devenir fragile de santé, il peut perdre une partie de ses revenus et ne disposer que d'une petite retraite (il n'aura pas la force de se remettre à travailler), il peut perdre ses facultés intellectuelles.

Il est écrit qu'on doit donner au pauvre ce qui lui manque, c'est à dire qu'un homme ayant l'habitude de voyager en cheval. Si demain il viendra à s'appauvrir jusqu'à vendre son cheval, nous avons le devoir de combler ce manque si on les possibilités.

Par la mitsva de se lever en sa présence, on lui redonnera l'importance et l'estime qu'il avait connu autrefois.


18 - Colportage

C'est une mitsva passive de ne pas rapporter à son prochain des paroles qui ont été dites contre lui (Lévitique 19:16). Même s'il relate la vérité, par cela il entraîne la destruction du monde. Selon le Zohar la parole a une force.

Le colportage explique le Ramban est similaire au marchand qui achète des produits à un endroit et les revend à un autre. Tel est le colportage où l'on rapporte à l'un ce qu'on a entendu de l'autre.
Le verset sur le colportage est juxtaposé avec "tu ne resteras pas indifférent devant le sang de ton prochain", car l'un peut entraîner l'autre.


19 - Sauver son prochain

"Ne reste pas indifférent au sang de ton prochain" (Lévitique 19:16)

C'est une mitsva passive ne pas rester indifférent devant son prochain en danger comme par exemple lorsqu'il est en train de se noyer dans un fleuve et dans un autre danger. On a le devoir de faire tout notre possible pour le sauver. De même on doit sauver son prochain d'une perte d'argent.

Le rachat d'un prisonnier

Est également inclus dans cette mitsva le rachat d'un prisonnier.

Donc aujourd'hui, nous devons tout faire pour sauver nos frères d'Iran et nos soldats d'Israël qui sont emprisonnés. Et surtout prier pour eux.

Conclusion


A la fin on comprend pour quoi au début de la parasha, il est marqué "vous serez saint car je suis saint", car seule une personne souhaitant arriver à la sainteté s'efforcera à accomplir toutes ces mitsvot.