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Parasha Nasso

1 - Séparer les scories de l'argent."
2 - La sota
3 - La Sota et le Nazir

1 - "Séparer les éscories de l'argent."Dans la Paracha Nasso, les différents critères de pureté du camp des bnéi Israël sont évoqués : pureté physique, pureté des mœurs.
La gravité de ce qui est considéré comme une impureté est fonction des différentes sections du camp: celle de la Che'hina, celle des Prêtres et celle des Israélites.

- La lèpre dont la maladie est à rechercher dans la dégénérescence sociale exclut celui qui en est atteint des trois camps.
- L'impureté qui se dégage du corps, (le "zabh", littéralement le flux), exclut des deux camps, car le service de D-ieu ne peut tolérer les égarements sexuels.
- Enfin, l'impureté contractée par le contact avec un cadavre empêche au prêtre de pénétrer dans le camp de la Che'hina.

2 - La sota La Sota est une femme suspectée par son mari d'avoir été infidèle.
La Tora décrit la procédure à suivre. Il importe d'abord que le mari interdise formellement à son épouse, en présence de témoins (Kinouï), de s'isoler avec une personne qu'il suspecte d'être son amant. Si elle passe outre (et bien qu'il n'y ait aucune preuve qu'elle ait effectivement fauté), elle ne pourra plus cohabiter avec son époux jusqu'à la mise à l'épreuve prévue par la Tora : Son mari la conduit au Temple en compagnie de deux sages ; les Cohanim l'obligent alors à se tenir debout dans un endroit public avec en main une offrande de farine. On l'interroge une fois de plus sur sa conduite ; si elle continue à clamer son innocence et jure avoir été fidèle à son mari, on inscrit alors sur un rouleau de parchemin le passage de la Tora concernant la Sota. Si elle persévère, on plonge le rouleau dans un récipient en argile rempli d'eau, provenant du bassin du Temple (Kior) et d'un peu de terre recueillie sur le sol du Temple jusqu'à ce que l'encre se dissolve dans l'eau qu'il lui faudra boire. Si les doutes du mari étaient fondés, "le ventre de la femme gonfle et son flanc dépérit" (Nombres, 5, 27), provoquant ainsi sa mort rapidement. Si ce n'est pas le cas, on reconnaît la femme innocente. Elle pourra alors reprendre sa vie conjugale avec son époux et l'eau qu'elle aura bue lui procurera la bénédiction. Au même moment, et en quelque lieu où il se trouve, l'amant meurt des mêmes symptômes que ceux de la femme adultère. Toutefois, si le mari accusateur a commis une fois dans sa vie un adultère, l'effet des eaux amères n'a aucun effet et pire, il rajoute à son ancienne faute. Ainsi s'exprime Maïmonide dans Le Guide des égarés, III-46 : "Comme le soupçon d'infidélité et les doutes que l'on peut avoir à ce sujet sont fréquents vis-à-vis de la femme, la Loi nous a prescrit des dispositions spéciales à l'égard de la femme soupçonnée d'adultère ; et la procédure envisagée avait nécessairement comme conséquence que toute femme mariée, craignant la terreur des eaux amères, s'observait avec un soin extrême et se gardait bien de causer du chagrin au cœur de son mari. En effet, dans le cas où la femme était pure et capable de rassurer entièrement son mari sur son compte, la plupart des hommes auraient bien donné tout ce qu'ils possédaient pour racheter la procédure à laquelle elle devait être soumise, et auraient même préféré la mort à la grande ignominie consistant à laisser découvrir la tête de la femme, mettre ses cheveux en désordre, déchirer ses vêtements jusqu'à découvrir sa poitrine, et à lui faire faire le tour du sanctuaire en présence du public, femmes et hommes, et du grand tribunal. Ainsi, en inspirant cette crainte, on a prévenu de grands malheurs, susceptibles de troubler l'ordre dans beaucoup de maisons."

3 - La Sota et le Nazir

Il est écrit dans le Traité Sota (2a), que celui qui assiste à la dégradation de la femme Sota, et qui comprend que sa faute vient d'un esprit de confusion provoqué par les effets du vin (Rachi), devra faire le vœu de s'abstenir du vin et de tous ses dérivés, il prendra le néziréat. C'est-à-dire qu'il doit s'abstenir de consommer tout produit dérivé de la vigne (le vin en particulier), éviter de se rendre impur au contact d'un mort et ne pas se couper les cheveux. S'il transgresse l'une de ces interdictions, il est passible de la peine de flagellation (Malkout). Arrivé au terme de son vœu (un minimum de trente jours), le Nazir apporte au Temple deux agneaux en sacrifice (une femelle en tant qu'expiatoire, et un mâle en tant qu'holocauste), ainsi qu'un bélier en tant qu'offrande de paix. Il se coupe les cheveux et les brûle dans la marmite où le bélier a été cuit. Il retrouve alors son statut de Juif ordinaire. Une question se pose : pourquoi est-il nécessaire de s'interdire tous les produits de la vigne après avoir assisté au jugement de la Sota ? Le spectacle, en lui-même effrayant, ne se suffit-il pas pour nous faire prendre conscience de la gravité de l'adultère et des effets du vin qui le provoque, qu'il faille passer par l'extrême inverse ? C'est que le spectacle d'une chose qui nous révulse et qui s'oppose à notre nature et à notre moralité peut parfois, hélas, provoquer l'effet inverse de celui qui avait été souhaité. Au lieu d'éduquer, l'exemple du condamné suscite l'imagination.

Découvrir des gestes et des attitudes contre nature pourraient même nous inviter ('hasvéshalom) à l'abandon de notre personnalité. Ainsi en est-il de l'utilisation qui est faite de rites "extraordinaires", au sens de "surnaturels" par de nombreuses sectes qui, par la mise en avant de gestes troublants et inhabituels, convient à la déréliction des comportements de leurs adeptes. La fameuse nature libérée, ou comment faire usage de sa liberté... Or, c'est vrai que si l'esprit de l'assistant est mal orienté, l'exemple de la Sota peut engendrer un raisonnement inverse. Si consciemment il condamne son comportement, inconsciemment il cherche à en tirer profit. Mieux encore, plus la réflexion est poussée, plus le danger de chute augmente, plus les mauvaises pensées s'emparent de l'imagination, ici hautement vivifiée par l'aspect monstrueux (du verbe "montrer") de la femme accusée d'adultère. Et cela, nos Sages l'on comprit en ordonnant au spectateur de la Sota un passage à l'acte (se séparer du vin), un investissement immédiat davantage protecteur que toutes les conclusions raisonnées. La force de l'acte agissant directement sur le subconscient (nefesh).

Celui qui décide de quelque chose et investit cette décision dans un acte, fait passer ce qui est du domaine de la réflexion dans le domaine du cœur, de l'intuition. Ainsi, il devient à même d'éduquer son caractère. Nous voyons, par cette relation qui unit la femme Sota au Nazir, comment, une fois encore, la Tora insiste sur l'importance des actes dans la réalisation et la construction de la réalité et de la vérité.

De la même manière que dans le domaine de nos mitsvoth, nous ne percevons pas toujours les conséquences qu'ont dans le monde des actes que D-ieu nous a pourtant ordonnés d'accomplir (port des téffilines, tsédaka, prières, ...) ; de même dans le domaine de notre éducation, bien que l'intelligence n'en voie pas la nécessité, le passage à l'acte détient la puissance d'orienter la mémoire et la volonté, et de donner à la conscience sa direction.