Parashat
Beaaloteha
Sommaire
1. "Lorsque tu monteras les lumières."
2. Une histoire: l'humilite
3. Un caractère de Torah.
4. Une histoire: L'humilité du Rav Ezra Attia.
5. Guéris-la !
6. Une histoire: La souffrance de perdre un frère.
1
- "Lorsque tu monteras les lumières."
Rachi : "il faut les allumer de manière à ce qu'elles
montent d'elle même."
On peut expliquer de manière allusive que la Torah ordonne au
Rav, enseignant à ses élèves (représentés
par les lumières), de ne pas se contenter d'inculquer à
ses élèves les valeurs du judaïsme. Le maître
devra plutôt ouvrer de son mieux pour leur transmettre la joie
et l’amour de l’étude afin que leur flamme, leur
connaissance de la Torah, s’élève d’elle-même.
C’est le sens du verset "afin que la flamme s'élève
d'elle-même".
2 - Une histoire.
l'humilite
"Or, cet homme, Moïse, était fort humble, plus qu'aucun
homme qui fût sur terre." - Les Nombres, 12, 3.
Du premier Tevet au 7 Adar de l'année de son décès,
Moshè se procura la clé de la pièce où se
trouvaient les affaires personnelles de Yéhoshoua. Il ouvrait
la porte et lavait lui-même les vêtements de Yéhoshoua,
lui retirait ses chaussures afin de les nettoyer, prenait soin de sa
couronne, et de tous ses apprêts. Il sortait le trône d'or
et l'astiquait
Moshè
fit un grand honneur à Yéhoshoua devant tout le peuple
d'Israël. Il sortit dans le camp et dit devant tout le peuple :
"Approchez et voyez le nouveau Prophète d'Israël qui
se lève sur vous !"
Moshè
apporta un trône royal en or, une couronne, et des vêtements
somptueux. Il alla ensuite chercher lui-même Yéhoshoua
et le conduisit comme le fait un serviteur jusqu'au trône royal,
et là il le fit s'installer. Et Yéhoshoua ouvrit la bouche
et prophétisa, tandis que Moshè se tenait devant lui,
comme un élève qui reçoit les paroles de son maître.
Nulle
part au monde ne se trouve une telle humilité. Celui qui fut
le plus grand des Prophètes se comporta devant Yéhoshoua
comme un talmid devant son Rav. Midrash selon le Rokeah.
3 - Un caractère de Torah.
Rabbi Yonathan et Rabbi Yehouda étudièrent auprès
du Rabbi Shimon Bar Yo'haï.
Quand les deux élèves se séparèrent de leur
maître et retournèrent chez eux, Rabbi Shimon Bar Yo'haï
fit appeler son fils Eleazar, et il lui demanda : "Rend-toi chez
ses deux talmidim afin qu'ils te donnent une bénédiction."
Rabbi Yonathan et Rabbi Yehouda étaient considérés
par leur maître comme étant des hommes doués "du
caractère de ce qui fait l'être humain".
Nous allons essayer de définir quel est ce "caractère"
que considéra avec tant de respect un Rav de l'envergure de Rabbi
Shimon Bar Yo'haï.
Pour toute chose de ce monde, existent le fond et la forme. Le fond
est d'essence spirituelle, il représente le caractère
propre et parfois caché d'une réalité. La forme
elle représente l'extériorité, ce qui se voit au
premier abord et qui souvent empêche même de considérer
une réalité dans sa vérité.
Quand une personne étudie la Torah, elle devient capable de saisir
la profondeur du monde et d'atteindre l'essence des choses. Ainsi, du
même coup, elle est sensée approfondir et affiner son propre
caractère, et elle peut ainsi exprimer sa profondeur d'être
humain.
Si toute personne est susceptible de saisir des notions même compliquées
d'astronomie, seule une personne qui a su approfondir ce domaine appréhende
véritablement et en profondeur la réalité des lois
célestes.
Il en est de même en ce qui concerne l'étude de la Torah.
Seul un véritable approfondissement permet à celui qui
s'y consacre d'atteindre la grandeur des qualités que l'on attend
d'un être humain.
4 - Histoires L'humilité du Rav Ezra Attia
Un autre jour, alors qu'il donnait un cours, un des élèves
souleva une objection qui contredisait les propos du Rav Attia. Celui-ci
ne répondit pas, et son silence semblait donner raison à
l'élève.
Une fois le cours terminé, un autre élève vint
voir le Rav pour lui demander si en effet la question soulevée
remettait en cause les éléments qui furent exposés
par le Maître. Le Rav expliqua avec clarté la difficulté
de l'objection et comment il fallait raisonner pour la dissiper. Etonné,
l'élève demanda alors : "Pourtant tout à l'heure,
vous sembliez ne pas pouvoir répondre à un tel problème
!?"
"C'est que, répondit le Rav, il était préférable
de mettre en valeur le raisonnement de l'élève, plutôt
que de briller personnellement par ma réponse."

Histoire
Le Roch Yéchiva de Porat Yossef, le Rav Ezra Attia se trouvait
un jour dans une assemblée où il entendit des propos méprisants
à l'encontre d'un des Rabbins de le communauté. Ne pouvant
supporter de telles paroles, le Rav Attia pâlit, s'excusa et sortit
subitement. Une fois dehors, il vomit .

Histoire
Le Rav Attia étudiait un jour avec un jeune élève.
Une heure environ avant la fin habituelle du cours particulier, et alors
qu'ils venaient de conclure un sujet important, le Rav demanda la permission
à son élève d'interrompre le cours et de partir.
L'élève impressionné par une telle humilité
demanda à son maître s'il pouvait l'accompagner. Il sentait
en effet combien l'on peut apprendre de son maître autant dans
ses actions quotidiennes que dans l'étude.
Ainsi, ils se rendirent tous les deux au marché. Le Rav, déjà
âgé, parcourut le trajet en une heure environ. Arrivé
à destination, il entra dans une quincaillerie pour acheter un
bec de gaz. L'élève surpris lui fit remarquer :
"Rav, une si petite course ne m'aurait pris qu'une dizaine de minutes,
et vous auriez ainsi économisé un temps précieux
nécessaire à votre étude personnelle.
- Ah bon ? Et de se servir de quelqu'un qui étudie, c'est quelque
chose de simple pour toi ?!", dit le Rav.
Quel homme ! Et quelle humilité !
Le Rav Ezra Attia était le Rav du Rav Ovadia Yossef et du Rav
Morde'hai Elyaou, et le Rav d'autres grands rabbanim, en place aujourd'hui.
5 - Guéris-la !
" Et Moïse implora (tsaaka) : 'Mon D-ieu, de grâce,
guéris-la !' " - (Les Nombres, 12, 13)
Deux questions :
Pourquoi Moshè fit-il une prière si courte pour tenter
de sauver sa sour de la maladie ?
Et
pourquoi Moshè cria-t-il (tsaaka) vers D-ieu ?
Quand
Myriam fut punie de la lèpre après avoir condamné
ouvertement la conduite de Moshè, celui-ci se présenta
vers D-ieu et lui adressa sa prière.
Moshè
fit une courte prière pour ne pas donner l'occasion à
certains de dire : "Le voilà qui pour sa sour s'attarde
dans la prière, mais s'il s'agissait de nous, il en aurait été
autrement…"
Et d'autre part, il cria pour montrer à sa sour combien il tenait
à elle.
En
une petite phrase, nous voyons comment Moshè Rabénou sut
faire en sorte de ne léser personne.
6 - Une histoire. La souffrance de perdre un
frère.
Rabbi Haïm Sinoini, un grand Sage Yémeninite en Israel ,
après la guerre de Kippour en 73, demanda qu'on lui fasse parvenir
la liste des soldats tombés au combat. Bien que la chose ne fut
pas facile, la liste lui parvint entre les mains. Le Rav s'isola pour
s'asseoir sur un banc. La tristesse l'envahit et le deuil assombrit
son visage. Il leva les yeux vers le ciel et commença à
dire un chant funèbre sur les soldats disparus.
Le
Rav se frappa la tête de ses mains. Et il dit dans une voix cassée
: "Oy li, ô à moi, sur ce sang propre qui a été
versé comme de l'eau sur la terre sainte."
Et c'est de cette manière que Rabbi Haïm fit une oraison
funèbre, ligne après ligne, nom après nom. Puis,
il tourna la page et il vit une liste interminable de noms. Et alors,
Rabbi Haïm trembla de tout son corps, et d'une voix pleine de larmes,
il sanglota :
"Ô, Maître du monde, cela ne suffisait-il pas qu'il
fallait qu'eux aussi tombent au front ?
Qui va les remplacer ?! Qui va consoler les parents de cette catastrophe
?!"
Il tourna encore de nombreuses pages, et pendant des heures la douleur
ne fit que grandir en lui. Les habits trempés et sans force aucune,
il lut 1700 noms. Enfin, il leva son corps brisé et dit : "Maître
du monde, regarde dans toute Ta bonté, la dureté des douleurs
de l'exil. il ne reste plus en nous ni savoir, ni Torah, ni actes de
bonté… De grâce, ai pitié de nous, pour Ton
Saint Nom, pas pour nous, Mon D-ieu, mais pour Ton Saint Nom."