Sommaire
1 - Le chef dans la Torah
2 - Une lettre de feu
3 - Les sauterelles ne volent pas
4 - Médisance sur la terre d'Israël !
5 - Une terre hors norme
6 - Le bon oeil
7 - Pas de demi mesure
8 - Un homme pas comme les autres ?
9 - Des fils à vocation universelle
10 - Bleu comme le Trône de gloire
11 - Une histoire
1 - Le chef dans la Torah
"Chaque chef (Nassi) parmi eux."
- Les Nombres, 13, 2
Dans le mot de Chef (Nassi) se trouve
les lettres : alef, ioud et noun : "aïn", qui signifie
"rien". Il y a aussi les lettres ioud et shine : "iesh"
qui signifie "il y a". Cette double signification du mot Nassi
vient nous faire entendre que tant que les chefs de tribus se donnaient
une importance illégitime, alors il leur est assuré qu'ils
ne sont rien. Mais, par ailleurs s'ils se considéraient comme
n'étant rien de plus que ce que leur conférait leur responsabilité,
alors ils sont véritablement quelque chose. Comme le fut Moïse.
2 - Une lettre
de feu
"Moïse nomme Hochéa,
fils de Noune : Yeochoua." - Les Nombres, 13, 16
Rachi explique : "Moshè
pria pour lui : que D-ieu te sauve (Yochiara) du conseil du complot
des explorateurs."
Pourquoi Moïse a-t-il fait une prière spéciale sur
Yèochoua et non sur les autres explorateurs qui étaient
avant leur départ des hommes justes et sages ?
Moïse savait qu'il n'aurait pas le mérite de rentrer en
Israël, or du fait que Yèochoua était un homme d'une
grande humilité, il s'effaça devant le peuple et les explorateurs
qui critiquèrent avec véhémence la terre d'Israël,
et il se serait peut-être même rallier à eux. C'est
pourquoi Moïse, afin d'éviter cela, pria pour lui et rajouta
un "ioud" à son nom, de Hochéa à Yèochoua.
Le "ioud" qui est la lettre du feu dans la division des lettres
hébraïques en quatre groupe, correspondant aux quatre forces
et aux quatre éléments qui composent le monde : le feu,
l'eau, l'air et la terre .
Et en le bénissant particulièrement,
Moïse voulait garder un contact avec celui qui entrerait en Israël
à sa place, et qui serait en quelque sorte le continuateur de
son exigence morale et spirituelle en terre promise.
De même, si plus loin il est écrit
: "Mais mon serviteur Calev, parce qu'il avait un autre esprit
avec lui, et qu'il M'a suivi d'un cour entier…", et qu'il
n'est pas mentionné le nom de Yèochoua qui suivit aussi
D-ieu dans son périple en terre de Canaan, c'est que ce dernier
avait déjà reçu une bénédiction de
la part de Moïse, ce qui n'était pas le cas de Calev qui
suivit D-ieu de son seul mérite et de son seul effort.
3 - Les sauterelles ne volent pas
"Et nous étions à
nos yeux comme des sauterelles…" - Les Nombres, 13, 33
Rachi explique que les explorateurs
entendirent les géants dire : "il y a des fourmis dans les
vignobles qui ressemblent à des hommes. (Traité Sota,
35a)
Pourquoi Rachi compare-t-il les explorateurs
à des fourmis alors que le verset parle littéralement
de sauterelles ?
Le Midrash raconte qu'un des géants demanda aux explorateurs
: "Comment allez-vous faire pour prendre notre pays sans nous le
voler ?"
Et par ailleurs, dans son explication du verset des Proverbes, (Michlèe,
6, 6) : "Rends toi chez la fourmi, fainéant, observe ses
façons d'agir et deviens sage !", le Traité Erouvin,
100b, explique que du comportement de la fourmi, nous apprenons que
le vol est une attitude condamnable. En effet, une fourmi peut repasser
cent fois sur de la nourriture que sa congénère aurait
laissée derrière elle, sans la lui prendre.
De ces deux enseignements, nous comprenons
pourquoi Rachi a comparé les explorateurs à des fourmis.
Il voulait nous faire entendre par là que les géants ne
pouvaient pas comprendre comment un peuple qui n'est pas considéré
comme un peuple de voleurs pouvait malgré tout s'infiltrer en
terre de Canaan afin d'étudier les modalités de son envahissement.
Mais en vérité, contrairement
à ce que pouvaient en penser les géants, il est certain
que la conquête de la terre de Canaan ne fut pas un acte de vol,
dans la mesure où, de la même manière que c'est
par la Volonté de D-ieu que cette terre fut d'abord le lieu d'habitation
d'autres peuples avant de revenir à ses propriétaires
: les Bnéi Israël, de même la conquête se fera
elle aussi par le seul Vouloir divin, et ne sera en définitive
que la conséquence d'une promesse faite à Abraham (Paracha
Lekh Lekha).
Kedoushat halévy.
4 - Médisance sur la terre d'Israël
!
"Envoie pour toi des hommes…"
- Les Nombres, 13, 1.
Rachi demande : "Pourquoi la section des explorateurs est-elle
juxtaposée à celle de Myriam ?"
En effet, l'ordre chronologique aurait voulu que ce soit la paracha
de kora'h qui suive celle de Myriam, qui est un événement
qui se situe encore au moment où les Bnéi Israël
campent à 'Hatserot, c'est-à-dire avant qu'ils entrent
dans le désert de Parane. C'est que précisément,
ce changement d'ordre vient nous apprendre l'interdiction de la médisance
(Lachon ara) : celle de Myriam envers Moïse, (elle est punie par
la lèpre) et celle des explorateurs envers la terre sainte (ils
seront frappés de mort).
Cependant, comment les explorateurs pouvaient-ils déduire de
la médisance envers un être humain, que la critique de
la terre d'Israël serait punie de la même manière
?
C'est que les explorateurs auraient dû
voir que, bien que Moïse était un homme d'une humilité
telle qu'il ne ressentait personnellement aucune honte à avoir
été dénigré pas sa sour, Myriam fut pourtant
punie.
De même, bien que la terre d'Israël est une réalité
minérale pour laquelle la médisance n'aurait dû
avoir aucune importance, son mépris sera jugée très
sévèrement. La terre d'Israël a une importance digne
d'une vie humaine comme celle de Moïse.
Et encore : si déjà D-ieu est pointilleux pour des pierres,
combien l'est-Il pour l'être humain envers lequel nous aurions
des propos diffamants !
5 - Une terre hors normes
"Nous ne pouvons marcher contre
ce peuple car il est plus fort que nous…" - Les Nombres,
13, 31.
"Ils y coupèrent un sarment
avec une grappe de raisin, ils le portèrent à deux au
moyen d'une perche" - Ibid, 13, 23.
Rachi explique qu'ils la portèrent
à 8 personnes, tandis que toute la force d'un homme était
nécessaire pour porter une seule figue et celle d'un second pour
porter une seule grenade.
Pourquoi les explorateurs furent-ils punis, dans la mesure où
toutes les paroles qu'ils rapportèrent étaient des paroles
"vraies" qui reflétaient la réalité qu'ils
avaient pu observer en Erets Canaan ?
Car, en voyant ces fruits au-dessus de
la nature, les explorateurs n'auraient pas dû raisonner avec leur
logique humaine, trop humaine. N'avaient-ils pas déjà
vécu de nombreux miracles dans le désert ?
Ainsi, la raison essentielle pour laquelle les explorateurs furent punis,
c'est qu'ils ne tirèrent de cette dimension "surnaturelle"
(et à de nombreux égards impressionnante) de la terre
d'Israël, que des conclusions et des appréciations négatives.
Ils auraient dû y voir, au contraire, toute la qualité
de ce pays : ses fruits gigantesques, sa formidable générosité.
De là, nous apprenons aussi que
la vérité ne consiste pas forcément à coller
à la réalité, à ce qui nous paraît
être "normal", mais plutôt à voir dans
cette réalité ce qui en fait son potentiel.
6 - Le bon oeil
"Ce sera pour vous une frange, vous la verrez…" - Les
Nombres, 15, 39
Quel est le rapport entre les Tsitsit
et la paracha des explorateurs ?
Le terme Tsitsit vient du verbe Léatsits qui signifie regarder.
Ainsi, ce rapprochement vient nous faire comprendre que la valeur que
nous donnons au monde dépend de la vision que nous en avons.
Qu'il suffit de mettre les bonnes lunettes!
7 - Pas de demi mesure
"Un pays qui mangent ces habitants
(Yoshvéa), littéralement ceux qui y sont assis…"
- Les Nombres, 13, 32.
Dans cette terre on ne peut être assis sans rien faire, et on
ne peut rester au même niveau. Soit on avance, soit on descend.
Il n'est pas possible d'y faire du surplace…
8 - Un homme pas comme les autres ?
"Et ils trouvèrent un homme ramassant du bois le jour du
Chabbat." - Les Nombres, 15, 32.
Il transgressa le jour du Chabbat.
Les sages affirment que la pensée
de cet homme qui ramassait du bois n'était pas celle d'un fauteur,
car il ne fit volontairement cette transgression que pour la mitsva,
en vue d'une bonne action : Il voulait renforcer l'importance de ce
saint jour aux yeux des membres de la communauté.
Ainsi, il ne fut puni que pour faire
passer cet enseignement.
Méam Loèz
9 - Des fils à vocation universelle
"Qu'ils fassent pour eux des franges aux coins de leurs vêtements…"
- Les Nombres, 15, 37.
Les fils de Tsitsit que nous portons constituent le signe de notre relation
spéciale à D-ieu, comme une marque de l'acceptation de
la Torah.
Par leur mérite, nous comprenons notre destinée unique,
proclamée à Abraham, d'être Israël, "établi
pour la fédération de peuples et la lumière des
nations" (Isaïe, 42, 6), chargé de guider le reste
de l'humanité et de lui montrer la voie à suivre pour
maintenir dans le monde un haut niveau moral et spirituel, jusqu'à
l'arrivée du Machia'h.
Quelle exigence !
Et parmi nous, qui peut prétendre être apte à répandre
la parole de D-ieu vers le reste du monde ?
Nos Sages répondent : Ce sont ceux qui observent avec soin le
commandement des Tsitsit !
"Rech Lakich dit : Tout celui qui prête attention aux Tsitsit
est méritant, et 2800 serviteurs prendront soin de lui, comme
il est dit : En ces jours là, 10 hommes de toute langue, de toute
nation, saisiront le pan des habits de cet homme, en disant : 'Nous
voulons aller avec vous, car nous avons entendu dire que D-ieu est avec
vous.' (Zacharie, 8, 23)."
. Le pan des habits de cet homme, ce
sont les 4 coins du Talit,
. 10 hommes de toute langue, ce sont 10 hommes parmi chacune des 70
langues parlées dans ce monde, à savoir 70 hommes.
. Au total : 4 que multiplie 70 = 2800, (cqfd).
10 - Bleu comme le Trône de gloire
"Et ils mettront sur les franges de chaque coin un fil d'azur…"
- Les Nombres, 15, 38
"Rabbi Méir demande : Pourquoi la couleur du Té'helet
doit-elle être bleue ?
Parce que le Té'helet ressemble à la couleur de la mer
qui ressemble à celle du ciel, elle-même qui ressemble
à celle du trône de gloire de D-ieu."
Traité 'Houlin, 89a.
Ainsi, grâce à cette couleur,
celui qui contemple les fils des Tsitsit, se place sous le signe de
la crainte du Ciel, et il se rappelle les commandements divins.
Mais pourquoi devoir passer par cette
comparaison avec la mer, le ciel et ensuite seulement le trône
de gloire ? Il aurait fallu commencer directement par ce qui est le
plus important : le trône de gloire.
Cette association de termes vient nous apprendre que pour arriver au
niveau le plus élevé il faut travailler et se diriger
progressivement, que nul n'est capable d'accéder au trône
de gloire d'un seul coup. En revanche, de même que ce est le fruit
des efforts et du travail s'inscrit de manière profonde dans
le cour d'un homme, de même cet acquis y reste ancré indéfiniment,
comme l'est en nous le don de la Torah.
11 - Une histoire.
Le Gaon de Vilna dans les derniers instants de sa vie attrapa les fils
de son Talith dans la main et les serra longuement en pleurant :
"Qu'il est difficile de se séparer de ce monde dans lequel
avec une si petite dépense pour l'achat des Tsitsit, nous pouvons
accéder à une grande mitsva et recevoir sur nous l'épanchement
de la Royauté divine. Alors qu'une fois parvenu en haut, un homme
a beau se donner de la peine et s'efforcer de tout son être pour
accéder à d'autres actions méritoires, il est déjà
trop tard."