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Parasha Emor


Sommaire

1 - Interdiction de causer souffrance aux animaux
2 - Education: Ne pas se lasser de répéter aux enfants
3 - Sanctifier le nom divin
4 - Histoire des cantonistes
5 - Histoire de Rabbi El'hanan Wasserman zatsal
6 - Histoire de Rabbi David Abou'hatséra

1- Interdiction de causer souffrance aux animaux

C'est une mitsva passive dans la Torah de ne pas abattre le même jour une bête pure et son petit, comme il est dit (Lévitique 22:28): "…vous n'égorgerez point l'animal avec son petit le même jour".

La Torah nous apprend qu'il est interdit de tuer l'animal et son petit le même jour. Le Zohar pose la question: peut-être pourrait-on tuer l'animal à un endroit et le petit à un autre. Mais le Zohar répond que le propre même de tuer l'animal et son petit le même jour, c'est faire preuve d'une grande cruauté et nous avons le devoir de nous éloigner d'un tel comportement.

Faire preuve de compassion envers la souffrance des animaux

"Tout celui qui a de la compassion envers les créatures,le Ciel le prend en miséricorde."

La miséricorde est une des qualités d'Israël, comme il est enseigné (Talmud Beitsa 32:2): "Tout celui qui éprouve de la miséricorde envers les créatures, c'est un signe qu'il est de la descendance d'Avraham Avinou".

Rabbi 'Haïm Faladgi de Turquie écrit que si l'homme souffre d'une épreuve quelconque ou qu'il y a un malade dans sa maison, qu'il donne à manger aux oiseaux ou à d'autres animaux, car c'est un extraordinaire moyen pour se sortir de ses difficultés.

Nous avons le plaisir de vous annoncer que nous consacrerons prochainement un dossier complet sur la mitsva de ne pas faire souffrir un animal.


2 - Education: Ne pas se lasser de répéter aux enfants

L'Eternel dit à Moché: "Parle aux cohanim (prêtres) et dis-leur: Nul ne doit se souiller…" (Lévitique 21:1)

Rachi commente ce verset en enjoignant les plus grands à mettre en garde les plus petits (de ne pas se souiller…).
Dans le verset en hébreu le verbe "dire"-"émor" apparaît plusieurs fois, ceci pour nous faire comprendre un principe très important dans l'éducation: souvent, lorsque nous avons nous-même compris un principe sur une conduite ou un comportement à adopter, nous pensons qu'il suffit de l'expliquer une fois à autrui, en particulier aux enfants, pour qu'ils l'aient également compris. Et si par la suite on constate qu'ils n'ont pas agis en conséquence, on s'en offusquera, trouvant inacceptable de voir l'enfant s'écarter de la règle transmise.

C'est pourtant une grande erreur de notre part, et c'est cela que le verset, par la répétition du verbe "dire", vient nous apprendre: il ne faut pas avoir peur de répéter de nombreuses fois la même règle pour qu'elle puisse avoir une chance d'être assimilée.

Par exemple:
Si l'on est invité à manger chez des amis et on sait que les enfants auront tendance à se servir tout seul sans en avoir reçu la permission. Avant de sortir de chez soi, on leur dira:
-"Sachant que vous ne savez pas très bien vous tenir chez des invités et que vous vous servirez tout seul, peut-être vaut-il mieux que nous n'y allions pas ?". Sans aucun doute les enfants nous répondrons qu'ils se tiendront le mieux du monde et que l'on peut compter sur eux.
Une nouvelle fois en montant dans la voiture, on leur tiendra le même discours. Encore une fois, les enfants nous rassurerons et nous promettrons de bien se tenir.

Alors, à ce moment-là, peut-être aurons-nous une chance réelle de voir nos enfants bien se tenir, car eux-mêmes, à deux reprises, auront saisi le problème et pris sur eux la résolution du bon comportement à adopter.
C'est cela une des grandes leçons de savoir répéter sans s'énerver afin que peut-être, ils arriveront à surmonter leur mauvais penchant.


3 - Sanctifier le nom divin

C'est une mitsva active de la Torah de sanctifier le nom de D-ieu en public, comme il est dit (Lévitique 22:32): "…afin que Je sois sanctifié au milieu des enfants d'Israël, moi l'Eternel".
Celui qui se trouve devant l'alternative de transgresser l'une des trois interdictions les plus graves de la Torah qui sont la débauche, le meurtre et l'idolâtrie ou de mourir en sanctifiant le nom divin, devra choisir cette dernière solution.
De même, si un juif est poussé à commettre une transgression mineure, mais avec l'intention de le détourner par la même de la Torah, il faudra qu'il refuse, même au prix de sa vie, si cela est fait devant dix juifs. Le premier à avoir sanctifié ainsi le nom divin, c'est Avraham Avinou lorsqu'il est entré dans la fournaise.

Le Shlah haKadoch nous enseigne qu'avant de sanctifier le nom divin, il faut réciter la bénédicion: …qui nous a sanctifié par ses commandements et nous a ordonné de sanctifier Ton nom en public.

Tous ceux qui pendant tous les siècles de l'histoire sont morts parce qu'ils étaient juifs, comme les Marranes, les juifs pendant la Shoa, les soldats de l'armée israélienne, tous ceux-ci ont accompli cette immense mitsva.


4 - Histoire: les cantonistes

Au début du siècle dernier, il arriva un fait incroyable avec des enfants cantonistes (jeunes juifs qui étaient enrôlés de force dans l'armée du Tsar pendant des années et qui étaient contraints à s'assimiler et à perdre toute identité juive).
Les moines attendaient la venue du Tsar pour la cérémonie de baptême de tous ces enfants juifs. Ces derniers se tenaient tous en ligne devant le fleuve. Lorsque le Tsar arriva, il ordonna l'immersion dans le fleuve. Tous d'un seul cœur et d'une seule âme s'éclamèrent: "Nous ferons selon la volonté du Tsar".

Il s'avancèrent dans l'eau et plongèrent tous en même temps. Le Tsar fut stupéfait de l'obéissance des enfants. Mais quel ne fut pas son étonnement lorsqu'il ne vit que des bulles remonter à la surface. Pas un enfant ne releva la tête hors de l'eau. Tous acceptèrent d'un commun accord de mourir en sanctifiant le nom divin.

Le Maharim nous apprend que dès l'instant où un juif décide de sacrifier son âme pour la sanctification du nom divin, quelle que soit la mort qu'il subira, il n'en sentira pas la douleur.
Et sache qu'il n'y a pas d'homme au monde qui saurait se retenir de crier s'il venait à endurer la souffrance d'une brûlure par le feu, même pour le plus petit membre, même s'il décidait de se retenir de toutes ses forces, il n'y parviendrait pas. Pourtant, concernant ceux qui sanctifient le nom divin, ils ne crient pas du tout.


5 - Rabbi El'hanan Wasserman zatsal

Voici relatés les derniers instants de la vie de Rabbi El'hanan Wasserman zatsal, illustre élève du 'Hafets 'Haïm, qui choisit de demeurer avec ses élèves jusqu'à la mort dans les camps de concentration (alors qu'il aurait eu la possibilité de s'enfuir à l'étranger):

Rabbi El'hanan parlait d'un ton calme, son âme était sereine comme à l'accoutumée. Même le timbre de sa voix n'avait pas changé. L'expression de son visage était sérieuse, mais habituelle. Il ne tenta même pas de se séparer de son fils Rabbi Naftali. Son discours s'adressait à tout le monde, à tout Israël…

"Dans les sphères célestes, ils nous considèrent comme des Tsadikim, car nous avons été choisis pour expier par nos corps les décrets sur tout Israël. Nous devons cependant accomplir un parfait repentir, maintenant, tout de suite…le temps presse. Nous devons prendre conscience que nos sacrifices seront mieux agréés grâce à notre téshouva.

Que ne vienne pas à notre esprit une pensée étrangère, que D-ieu nous en préserve. Nous accomplissons maintenant la plus grande mitsva qui consiste à donner notre vie pour sanctifier le nom divin."

C'est alors que le moment venu (ils furent fusillés), dans la plus grande sainteté et la plus grande pureté, ils récitèrent à haute voix "Shéma Israël" dans une extase extrême.

Il est ramené (Talmud Pessa'him 50a) que Rav Yossi, raconta après être revenu du monde d'en-haut: "J'ai entendu que ceux qui sont morts en sanctifiant le nom divin, personne ne peut se tenir à leurs côtés (à cause du niveau qu'ils ont atteint!). De plus, il est enseigné (Talmud Sanhédrin 47b) que les martyrs expient leurs fautes immédiatement. Le Ari zal (Char haKavanot) explique que la personne mourant en sanctifiant le nom divin de tout son cœur effectue sa réparation dans ce monde, car même si elle n'a pas accompli dans sa vie de bonnes actions, et qu'elle a même beaucoup fauté, en sacrifiant son âme, elle efface toutes ses fautes.

Maran, le Beit Yossef (Rabbi Yossef Karo, auteur du Choul'hane Arouch, code de la loi juive), entretenait un contact permanent avec un Maguid (un ange du Ciel qui descendait lui révéler des secrets de la Torah). Maran lui confia qu'il souhaitait mourir en sanctifiant le nom divin, mais ce dernier lui répondit que comme Maran parvenait, lors de la récitation du Chéma, au niveau de se considérer comme s'il allait vraiment livrer son âme en sacrifice pour le nom divin, celui-ci est considéré comme s'il l'avait réellement fait, car toute bonne intention, l'Eternel la compte comme vraiment accomplie.

La neuvième mitsva (Séfer ha'Hinouch) consiste à sanctifier le nom de D-ieu comme il est dit "…et Je serai sanctifié au sein des Enfant d'Israël". C'est un devoir de propager dans le monde la foi authentique en l'Eternel. Lorsqu'un juif s'illustre en accomplissant un acte sortant de l'ordinaire faisant preuve de bravoure, de générosité, de foi ou autre qualité, il sanctifie le nom divin en public.
A l'opposé, D-ieu nous en préserve, tout celui qui se comporte mal et le fait devient connu de tous, celui-ci profane le nom de D-ieu et cette faute est très grave.


6 - Histoire: Rabbi David Abou'hatséra

Rabbi David était le grand frère de Rabbi Israël Abou’hatséra (Baba Salé). Il était le dirigeant de la communauté. Dans sa jeunesse, il eut le mérite d’étudier avec Rabbi Yaakov Abou’hatséra, son grand-père.

Tout au long des années pendant lesquelles ils s’efforcèrent de ne pas poser le regard au dela de quatre coudées, Rabbi David et Rabbi Moché commencèrent à souffrir des yeux, jusqu’à en perdre la vue.

Rabbi David fut aveugle pendant cinq années consécutives et poursuivit pourtant par cœur son étude de la Torah avec le même zèle qu’auparavant. Après ces cinq ans écoulés, le jour de la Hiloula de Rabbi Méir Baal haNess, Rabbi David alluma une bougie en l’honneur de Rabbi Méir et pria l’Eternel de lui éclairer les yeux. Ce fut le miracle, Rabbi David retrouva la vue.

En 1918 le chef d’une tribu arabe a décidé d’exterminer les juifs de la région où vivait Rabbi David. Seulement la date du jour décisif, ce chef n’a pas voulu la dévoiler pour donner une tension supplémentaire.
Le seul qui a essayé de relever le moral de toute la communauté était Rabbi David, en expliquant de ne pas craindre le décret de ce brigant et en leur demandant de redoubler leurs prières.
Le vendredi soir 14 Kislev, les habitants de Tafilaleth ont pris le repas sans joie ni chants de joie. Ils se réunirent tous après chez Rabbi David et furent surpris de le retrouver habiller en noir alors qu’à l’accoutumée, il s’habillait pour le Shabbath comme les kabalistes de l’époque le faisaient : tout vêtu de blanc.

Rabbi David finit plus tôt le repas de Shabbath et alla s’enfermer dans sa chambre. Il ne permit qu’à un seul de ses élèves de rentrer avec lui pour étudier ensemble. Il lui demanda d’ouvrir « au hasard »et de dans un livre qu’il lui tendit . Ce dernier s’exécuta et commença à lire un passage traitant des lois de la lecture du Schéma et de l’acception du joug divin.

Le lendemain matin, Rabbi ne voulait pas donner de réponse à son comportment. Juste avant la fin de la prière, il alla s’enfermer dans sa chambre.

A midi, il y eu un grand tumulte et le Mélah (quartier juif) fut cerné par les soldats et le chef des brigands donna ordre de réunir tous les juifs au centre de la place.
A ce moment là tout le monde comprit que Rabbi David avait déjà présenti le décret. Et tous accourèrent chez Rabbi David en pleurant.

Rabbi David leur dévoila à ce moment sa grandeur et sa sainteté. Il commença à les consoler et leur demanda de ne pas désespérer. Il leur dit que déjà longtemps, il avait vu un grand décret planer sur la communauté. Il tenta de l’annuler, mais lorsqu’il se rendit compte de l’impossibilité de l’annuler, alors il prit sur lui de se sacrifier pour sa communauté, afin d’annuler le décret. Personne n’accepta cette décision.

Entre temps, les soldats demandèrent à Rabbi David de le suivre et de ce fait, ils libérèrent le reste de la communauté.

Rabbi David s’étant préparé, se réjouit que sa prière fut acceptée. En même temps qu’il faisait le Chéma Israël, les soldats le placèrent sur le bout d’un canon.

Rabbi Israël Abou’hatséra (Baba Salé) fut fort affligé de la disparition de son guide spirituel Rabbi David Abou’hatséra.

Baba Salé, à la suite de cela désira aussi mourir en sanctifiant le nom divin. Mais Rabbi David, se révélant à lui, lui dit: "Moi j'ai du sanctifier le nom divin en mourant ainsi, toi, c'est en vivant et à travers ta Torah que tu le sanctifieras."