Paracha haazinou (POURIM)
Sommaire
1 - Le
mois de Adar
2 - Le Taanit (le jeûne) Esther.
3 - Pourquoi la Méguila porte-t-elle
le nom d'Esther et non celui de Mordekhai ?
4 - Par
le mérite des enfants qui étudient la Torah.
5 - "Ils accomplirent ce qu'ils reçurent."
6 - "Pour
les Juifs, ce n'était que joie rayonnante, contentement,
allégresse et marques d'honneurs
7 - Pourquoi
Aman a voulu exterminer tout un peuple?
8 - Education
9 - La réussite: le gagnant et le perdant
10 - La boisson à Pourim
11 - Conclusion
1-
Le mois de Adar
"Celui qui entre dans Adar rajoutera à la joie, celui qui
entrera dans le mois de Av, diminuera à sa joie."
La
Guemara Taanit 29a explique que c'est la raison pour laquelle un Juif
qui devrait se trouver en jugement devant un non-Juif durant le mois de
Av, devra faire en sorte de repousser cette date. En effet, le peuple
Juif n'est pas dans une bonne période , dans un bon mazal, il sera
préférable qu'il repousse cette date au mois d'Adar, qui
est une période propice pour le peuple d'Israël. Quand Aman
voulut faire du mal au bnéi Israël, il regarda dans les astres
pour savoir qu'elle devait être la période la plus propice
pour s'attaquer au peuple d'Israël. Il y tira au sort le mois d'Adar.
Il vit en effet que ce mois est celui du décès de Moché
Rabbénou, qui fut le dirigeant du peuple; Aman pensa donc que ce
mois lui serait favorable, mais il ne vit pas que ce mois était
aussi celui de la naissance de Moché...
En quoi ce mois est-il plus fort que les autres mois ?
Ce mois est situé sous le signe des poissons qui vivent dans l'eau
de la même manière que les bnéi Israël vivent
dans l'eau qui est le symbole de la Torah. Tant que le peuple d'Israël
étudie la Torah, il est protégé, comme nous l'avons
vu avec la guerre contre Amalek, qui a êté possible parce
qu'Israël n'avait pas suffisamment étudié la Torah.
Il en fut de même avec le massé Mordekhai; les Juifs à
cette époque n'étudiaient pas suffisamment la Torah, ce
qui provoqua les projets de persécution d'Aman.
2-
Le Taanit (le jeûne) Esther.
Le
13 Adar, en ce jour, les ennemis d'Israël voulurent exterminer
le peuple Juif, et le but de ce jeune fut de montrer que ce n'est pas
avec la force que l'on gagne une guerre, mais avec la prière
et le jeûne. Et ce jeûne, le peuple d'Israël le reçut
sur lui pour toutes les générations, comme il est écrit
dans la Méguila Esther, au chapitre 9n verset 31 : "(Ils)
acceptèrent pour leur compte, et pour le compte de leurs descendants
ces Jeûnes est ces supplications."
Ce jeûne est nommé par le nom d'Esther puisque c'est elle
qui commença ce jeûne, ensuite vint Mordekhai et les autres
membres du peuple ; ce Jeûne dura 3 jours. Aujourd'hui, il ne
dure qu'un seul jour.
Le Midrach sur Michlèe (Les Proverbes), Chapitre verset 2, dit
que dans le futur, toutes les fêtes seraient annulées sauf
Pourim qui restera.
Le Bnéi Issakhar nous explique que les fêtes furent fixées
par rapport à la sortie d'Egypte, comme nous le disons dans le
Kiddoush de Iom Tov, "en souvenir de la sortie d'Egypte" ;
tandis que Pourim est là pour que nous nous souvenions de la
mémoire d'Amalek. Comme le dit le Prophète Jérémie,
chapitre 16 verset 14-15 : "Des jours viendront, dit L'Eternel
où l'on ne dira plus : "Vive L'Eternel qui a fait monter
les enfants d'Israël du pays d'Egypte !", mais : "Vive
L'Eternel qui fait monter les enfants d'Israël et de toutes les
contrées où Il les avait exilés !" Car Je
les aurai ramenés sur leur territoire, que J'avais donné
à leurs ancêtres."
La
Guemara Brakhot, 12b, explique que les Bnéi Israël continueront
certes à glorifier les miracles de la sortie d'Egypte mais que
ceux-ci, en comparaison aux miracles de la libération finale,
apparaîtront secondaires.
Et
le miracle de Pourim appartient à cette catégorie des
miracles qui sont ceux de la libération finale, car tant que
le souvenir d'Amalek n'est pas annulé, le trône divin ne
peut trouver sa complétude.
3-
Pourquoi la
Méguila porte-t-elle le nom d'Esther et non celui de Mordekhai
?
La
première raison, c'est que le miracle de Pourim fut caché
(Esther en hébreu), car tout ce qui se passa en ce temps pouvait
évidemment être expliqué par des coïncidences
naturelles, le nom même de la Méguila nous rappelle donc
par allusion cette présence cachée de la Main de D-ieu.
La
seconde raison, c'est qu'Etsher se mit en danger en entrant chez le
Roi Assuérus.
De même quand il est dit "faites entrer dans votre cœur
la Torah de Moché", il est clair que ce n'est pas la Torah
"de" Moché, mais celle d'Akadosh Baroukh Hou, mais
c'est lui qui monta sur le Mont Sinaï recevoir la Torah, où
pendant 39, Moché s'efforça de comprendre pour la recevoir,
le Torah de D-ieu, mais il fit preuve d'abnégation et d'une patience
telles, que c'est le quarantième jour, que toute la Torah lui
fut révélée en un éclair.
Méam Loez.
4
- Par le mérite des enfants qui étudient la Torah.
Quand
le décret fut signé de passer tous les Juifs au fil de
l'épée, et quand les messagers sortirent pour publier
l'ordre royal, Aman, rentrant chez lui, croisa Mordekhai s'adressant
aux enfants d'Israël ainsi :
"Mon fils, qu'as-tu étudié aujourd'hui ?"
Le premier enfant lui répondit : "Tu ne seras pas exposé
à des terreurs soudaines ni au malheur qui fond sur le méchant."
(Michlée 3, 25)
Un autre lui dit : "Concertez des plans : ils échoueront
; annoncez des résolutions : elles ne tiendront pas. Car L'Eternel
est avec nous !" (Isaï 8, 10.)
Quant au troisième, il lui répondit : "Jusqu'à
votre vieillesse, Je resterai le même pour vous, jusqu'à
votre âge extrême je vous porterai. Comme Je l'ai fait,
Je continuerai à vous porter, à soutenir, à vous
sauver." (Isaï 46, 4)
Mordekhai fut à ces mots remplis de joie. Il comprit du deuxième
verset que le conseil d'Aman serait défait, et que les deux autres
versets concernaient Amalek, la manière dont il avait attaqué
le peuple juif dans le désert par surprise et sa défaite,
et la promesse faite par D-ieu d'un secours éternel.
Aman
lui demanda alors : "Pourquoi es-tu content Mordekhai ?"
Celui-ci lui répondit qu'il avait appris comment Aman serait
puni par D-ieu lui-même.
Aman
pris de colère, décida désormais de s'attaquer
directement aux enfants et il s'en alla préparer une potence
de 25 mètres de haut destinée à Mordekhai.
Plus tard, il vit ce dernier qui donnait cours à 22000 enfants.
Aman ordonna que tous soient attachés, et il les jeta en prison.
Et tandis que les mères désiraient apporter de la nourriture
pour leurs enfants emprisonnés, ceux-là répondirent
qu'il préféraient mourrir dans leur jeûne. A cet
instant, D-ieu entendit la complainte de ces enfants, et Il s'adressa
ainsi aux anges : "Est-ce des cris de brebis que j'entends ?"
Et Mochè s'adressa à Lui ainsi : "Non, ce sont les
cris des enfants d'Israël". A ces mots, D-ieu prit le décret
d'Aman et le déchira.
5
- "Ils
accomplirent ce qu'ils reçurent."
Méguila Esther.
La
Guemara dans Chabbat, 88a, nous dit que dans Exode 19, il écrit
: "Ils étaient en-dessous de la montagne", Rav Avdimi
bar 'Hama bar Rassa explique que cela vient nous apprendre que D-ieu
plaça la montagne comme un chaudron au-dessus des Bnéi
Israël, et leur dit : "Soit vous acceptez la Torah orale,
sinon ici sera votre sépulture." Ainsi, quand D-ieu nous
demandera plus tard pourquoi nous n'avons pas effectuer telle ou telle
mitsvah, nous aurions pu toujours lui répondre, que nous n'avions
pas eu le choix d'accepter la Torah orale. Toutefois, la Torah orale
fut encore acceptée par tout le peuple au temps d'Assuérus.
Nous n'avons plu d'excuses !
6
- "Pour les Juifs, ce n'était que joie rayonnante, contentement,
allégresse et marques d'honneurs." Méguila, 8, 16.
Rabbi
Eliezer Aschkénazi explique que D-ieu leur donna cette joie pour
les récompenser des nombreuses souffrances subies pendant le
décret d'Aman.
La joie rayonnante, car le jeûne abîme la vue.
La joie contre les pleurs.
Le contentement, contre la cendre et l'attitude pendant le deuil.
Et la Guemara dans le Traité Méguila, 16, explique que
la joie rayonnante, c'est la Torah, que la joie c'est la Brit mila et
le contentement, ce sont les téffilines, et il faut comprendre
alors pourquoi la Méguila s'est adressé dans ces termes
plutôt que de manière plus explicite. Le Sfat Emet explique
qu'il s'agit là de la délivrance du peuple d'Israël
qui sentit dans son âme que Torah est lumière, Brit mila,
joie, et téffilines, . Et c'est cela la véritable acceptation
de la Torah orale !
Pourquoi les enfants d'Israël se sont-ils réveillés
à cette époque pour recevoir la Torah orale de fait de
leur propre volonté ?
Le Lakhmé Toda explique que la Torah she Birtav( Torah ecrite),
fait en guématria : 424, et Torah she Bealpè( Torah orale),
fait 187. Au total, 611, qui correspond à la guématria
de Torah. Ce qui signifie que la Torah n'est vraiment complète
qu'avec la Torah orale.
Les
sages ont vu que le décret fut la cause du repas que prirent
les Bnéi Israël fut de 187, ce qui correspond à la
valeur numérique de la Torah orale.
Pourquoi
les Sages ont-ils instauré une mitsva de manger et de boire pendant
Pourim. Le Gaon de Vilna explique que puisque la faute avait été
de boire et de manger au repas d'Assuérus, ce qui causa une grande
souffrance de même la réparation doit se faire par la nourriture,
et dans la joie.
7
- Pourquoi
Aman a voulu exterminer tout un peuple?
"Va
rassembler tous les juifs de Suse et jeûnez!"
Pourquoi
a-t-il fallu rassembler?
Parce que la désunion régnait dans le peuple d'Israël.
Esther
sentit que la seule solution contre le décret était l'union
du peuple.
De cette leçon, comprenons que la délivrance ne pourra
venir que lorsque les juifs seront rassemblés, en Shalom, tous
autour de la Torah.
Pourquoi
a-t-il fallu jeûner?
On explique entre autres que c'était pour expier la faute d'avoir
participé à la fête nationale de la Perse en consommant
un repas non-cacher et en utilisant les ustensiles du Temple, tout cela
malgré la mise en garde de Morde'hai haTsadik (le Juste). Les
juifs de Shushan pensaient avoir mieux compris le problème du
judaïsme et croyaient que c'est la différence qui créée
l'antisémitisme.
Les périodes les plus noires de l'histoire juive survinrent toujours
après un grand relâchement de l'observance du judaïsme
de la part des enfants d'Israël.
C'est le cas à l'époque de la Méguila en Perse,
par l'émergence d'un pouvoir tyrannique sous la conduite d'Aman
le méchant.
Le phénomène se renouvela au moyen-âge où
l'Espagne, arrivée à son age d'or, voyait des juifs accourir
de partout. Lorsque l'inquisition commença à sévir,
les juifs refusèrent de partir au point de se convertir. (Cela
n'empêcha certains de nos frères de continuer à
pratiquer leur judaïsme en cachette, ni de faire preuve d'un héroïsme
exemplaire sur le bûcher de l'inquisition).
Le
troisième exemple que nous offre l'histoire, celui qui demeure
encore fraîchement gravé dans nos mémoires, c'est
celui de l'Allemagne où l'assimilation était galopante
et les réformistes en étaient arrivés jusqu'à
modifier leur rituel de prière en remplaçant le mot "Jérusalem"
par "Berlin". Point n'est besoin de mentionner ce qu'il se
passa par la suite.
Sans
vouloir tirer trop vite de conclusion basée sur une relation
de cause à effet, nous ne pouvons cependant demeurer indifférents
devant le parallèle frappant qu'il y a entre la situation de
ces trois pays, à trois époques complètement différentes.
A chaque fois, nous observons une ascension économique, sociale
et culturelle du pays, puis un relâchement de l'observance du
judaïsme, suivie enfin de l'ascension au pouvoir d'un régime
dictatorial antisémite.
Par
trois fois, les juifs voulurent se confondre avec les peuples et l'antisémitisme
le plus virulent apparut.
Le
Rav Kook explique qu'il y a une ressemblance entre les mots "Esther"
et "histoire". "Historia" en hébreu selon
le rav s'écrit avec un tav qui veut dire "esther ya",
(la main) de D-ieu cache, "Historia" signfie "D-ieu cache".
8
- Education
De
l'histoire de Pourim, nous pouvons enseigner une grande leçon
à nos enfants. Chaque fois qu'ils seront confrontés à
une peur ou une angoisse quelconque, rappelons-leurs que nous-même
avons tous avons été plongés dans l'angoisse devant
le décret terrible qui pesait sur nous. Mais D-ieu ne nous a
pas abandonné et dans Sa grande bonté, il a transformé
le décret en notre faveur.
Cette foi et confiance en l'Eternel aide beaucoup les enfants à
surmonter leurs épreuves de la vie!
9
- La réussite: le gagnant et le perdant
Maudit
soit Aman...Béni soit Morde'hai...et de même, que la mention
de 'Harbona nous soit favorable!
Le
Gaon de Vilna nous enseigne que le résultat bénéfique
issu de la bénédiction ne se révèle qu'en
fin de compte et pas immédiatement. De même, l'effet de
la malédiction, que D-ieu nous en préserve, n'apparaît
forcément pas tout de suite, mais peut être différé
à plus tard.
En effet, il n'y avait pas dans la génération de la Méguila
d'Esther de personne qui réussissait mieux dans toutes ses entreprises
qu'Aman le méchant: richesses, honneurs, descendance, rien ne
lui manquait. Mais par sa nature perfide, il attira sur lui toutes les
malédictions et sa fin fut des plus amères.
En contrepartie, il n'y avait pas de personne plus pitoyable que Morde'hai.
Esther lui fut enlevée et conduite au palais d'un non-juif impur
et rustre. De plus il semblerait que c'est à cause de lui que
fut prononcé le décret sur les juifs.
Cependant Morde'hai était Tsadik et par conséquent, il
était béni dans toutes ses actions. C'est pour cela que
sa fin fut des meilleures. Il alla en grandissant.
De là apprends que le même principe se retrouve pour tous
les mécréants! Malgré leur pseudo-réussite
momentanée, ils sont maudis et finissent toujours mal. A l'inverse,
les justes, malgré qu'ils souffrent mille peines et endurent
amertume et tourments, de toute manière, ils sont bénis,
et leur fin est des meilleures.
'Harbona est un personnage particulier. C'était un mécréant,
qui sévissait aux côtés d'Aman pour pendre Morde'hai.
En fin de compte, il s'amenda sur son comportement, se ressaisit, et
c'est lui qui suggéra de pendre Aman à la potence.
C'est cela que nous disons: "que la mention de 'Harbona nous soit
favorable", allusion à la Téshouva qu'il fit au dernier
moment.
10
- La boisson à Pourim
(Rabbin Nissim N. SULTAN).
Une
année, RABBAH et RABBI ZIRA décidèrent de passer
le festin de POURIM ensemble.
Durant le festin, ils finirent par s’enivrer si bien que RABBAH
se leva et immola RABBI ZIRA.
Le lendemain, celui-ci demanda miséricorde et ramena son compagnon
à la vie.
L’année suivante, RABBI ZIRA déclina d’emblée
l’invitation de RABBA. « Ce n’est pas à chaque
instant que les miracles se produisent ! » lui dit-il…
QUESTION : Est-il réellement
obligatoire de boire à POURIM jusqu'à s'enivrer ? Si oui,
dans quelle mesure ?
REPONSE : La référence
talmudique relative à cette obligation est la suivante :
"RAVA a dit : Tout homme a le devoir de s'enivrer à POURIM
jusqu'à ce qu'il ne sache plus [faire la différence] entre
"Maudit soit Aman" et "Béni soit Mordekhaï"
(Meguila 7,B).
Parmi nos décisionnaires et commentateurs, toutes générations
confondues, les "adeptes" d'une interprétation restrictive
de cette sentence sont nombreux.
Tout
d'abord, certains font remarquer que le terme araméen "LEAVSOUME"(s'enivrer),
est très modéré en comparaison à d'autres
verbes araméens employés pour traduire des passages de
la Torah tel que l'épisode de Loth enivré par ses filles.
Fort de cette mise au point sémantique, plusieurs décisionnaires
n'hésitent pas à valider la citation de RAVA, mais jusqu'au
stade de la confusion "Maudit soit Aman, Béni soit Mordekhaï"
non inclus.
Plus
encore, Rabbenou Ephraïm, dont les propos sont repris par Rabbenou
NISSIM (dit le RAN) et le Baal Hamaor, démontre que cet usage
a été condamné par le Talmud lui-même !
En
effet, suite aux paroles de RAVA, le Talmud fait le récit d'une
expérience funeste où RABBA, dans son ivresse, immola
son compagnon RABBI ZIRAH lors d'un festin de POURIM qu'ils partageaient.
Aussi, selon Rabbenou Ephraïm, seule une consommation très
légère et modérée est tolérable à
POURIM.
Par
ailleurs, d'autres commentaires plus originaux montrent que l'énumération
des injonctions "Maudit soit Aman" et "Béni soit
Mordekhaï" est plus ardue et complexe qu'il n'y paraît.
Cela laisserait supposer que le degré d'enivrement requis est
bien moindre. Les Tossefot indiquent par exemple, que la formule du
Talmud n'est pas complète. Celui-ci aurait, par souci de concision,
escamoté les expressions : "Maudite soit Zerech, Bénite
soit Esther, Maudits soient tous les malfaisants, Béni soit tout
Israël." Cette version figure d'ailleurs dans le texte du
Talmud de Jérusalem.
RAV
dans son commentaire talmudique "HIDOUCHE AGOUDA" fait remarquer
que les valeurs numériques respectives es deux expressions "Maudit
soit Aman, Béni soit Mordekhaï" sont toutes deux égales
à 502. S'enivrer à POURIM, consisterait alors à
ne plus être en mesure d'opérer ce calcul méticuleux
de la somme des valeurs numériques de chaque lettre composant
les deux expressions.
D'autres
émettent aussi l'hypothèse que le Talmud ferait référence
à un chant liturgique très ancien. Ce "PIYOUT"
serait composé de plusieurs strophes qui s'achèveraient
alternativement soit par "Maudit soit Aman", soit par "Béni
soit Mordekhaï". A moins d'un effort de concentration particulier,
on pouvait aisément intervertir les deux vers.
Enfin,
Maïmonide ou RAMBAM écrit dans son MICHNE TORAH " ...et
l'on boit jusqu'à s'enivrer et somnoler dans son ivresse... ".
Ce serait dans cet état de simple somnolence que l'on ferait
la fameuse confusion. Cette lecture du Talmud sera reprise par la plupart
de nos décisionnaires contemporains.
Néanmoins,
des partisans d'une application stricto sensu de la sentence talmudique
subsistent. En
effet, les grands décisionnaires du Moyen Age tels que Rabbi
Isthak Elfassi (dit le RIF), Rabbenou Acher (dit le ROCH) et son fils
"Le Tour" reproduisent dans leurs écrits la phrase
du Talmud telle quelle, laissant ainsi planer le doute.
Notons
que le CHOULHAN AROUKH, notre ouvrage de référence en
matière de Halakha ne reproduit pas, contrairement à son
habitude, le texte du RAMBAM, mais bien la version originelle du Talmud
sans autre nuance.
Les
Kabbalistes, quand à eux, estiment que du point de vue de la
mystique il faut réellement s'enivrer jusqu'à confondre
"Maudit soit Aman" et "Béni soit Mordekhaï".
Citons enfin l'exemple célèbre du H'AKHAM TSVI qui, lorsqu'il
était jeune, ne manquait pas de mettre en pratique ce que le
Talmud lui suggérait ! Plus tard son fils le "Yaavets"
écrira que cet usage "particulier" est réservé
aux personnessaines de corps et d'esprit, et ce, dans les limites de
la santé physique et de la dignité humaine.
11-
CONCLUSION
Aujourd'hui, peu de décisionnaires sont enclins à polémiquer
sur le manque de précision des écrits du CHOUHAN AROUKH.
Aussi reproduisent-ils plus volontiers les propos du RAMBAM et préconisent-ils
de "boire un peu plus que d'habitude jusqu'à somnoler un
peu."Et même si on ne somnole pas ,on ne se saoulera pas
pour cette raison.Par
ailleurs, ces mêmes décisionnaires ne sauraient trop faire
état d'une attitude "élitiste" inspirée
de la mystique, car l'abus d'alcool peut s'avérer ô combien
dangereux!
Précisons
enfin que la consommation d'alcool à POURIM n'est pas une obligation
ferme et qu'une simple gorgée suffit pour s'en acquitter.