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Parasha Houkat

Sommaire

1 - Un cadeau bien mérité
2 - Pédagogie
3 - La femme
4 - L'ingratitude envers une grande dame
5 - La souffrance
6 - Jeter les eaux
7 - Savoir pardonner
8 - Le pouvoir d'un serpent


1 - Un cadeau bien mérité

"Dis-leur de te choisir une Vache Rousse" - Les Nombres, 19, 2

Des Sages de Jérusalem désiraient un jour acheter des pierres précieuses pour l'habit du Cohen Gadol, et ils se rendirent chez un non-juif, diamantaire à Aschkélon, qui se nommait Dama be Netina. Quand ils arrivèrent chez le marchand, celui-ci expliqua aux sages qu'hélas, il devait se priver d'une si belle vente. "Mon père dort, dit-il, et la clé qui ouvre le coffre où sont rangées les pierres précieuses se trouvent sous son oreiller, et il est hors de question que je me permette de le réveiller, même pour une telle affaire."

Les Sages durent repartir les mains vides.

Or, l'année suivante , grâce au mérite que lui procura le respect du sommeil de son père, ce non-juif reçut dans son élevage une Vache Rousse, conforme aux prescriptions requises par la Torah. Chose très rare, il savait qu'une telle vache valait énormément d'argent.

Comme il s'y attendait, les Sages de Jérusalem vinrent le trouver pour faire acquisition de cette Vache Rousse. Quand ils lui demandèrent le prix qu'il voulait en retirer, il leur répondit ainsi :

"Je sais que cet animal a beaucoup de valeur à vos yeux et que vous seriez prêts à me donner une grosse somme d'argent pour l'emmener avec vous au Temple de Jérusalem, mais je ne vous demanderai que l'équivalent de ce que je n'ai pas gagné la dernière fois quand vous êtes venus chez moi pour acheter des pierres précieuses."
Traité Kiddoushin, 31a


2 - Pédagogie

"Et il leur dit : écoutez rebelles (Hamorim)" - Les nombres, 20, 10

Le mot "Hamorim" signifie aussi professeurs, car les professeurs doivent savoir que de même d'un rocher au milieu du désert peut jaillir une source vive, de même, de la tête de tout élève, même le plus faible, peut jaillir les forces vives de la Torah.

La femme
"Myriam mourut en ce lieu et fut ensevelie.. Or la communauté manqua d'eau." - Les Nombres 20, 1 et 2
De là, nous apprenons que la présence miraculeuse de l'eau dans le désert pendant 40 ans était due au mérite de Myriam. En sachant que l'eau est l'élément essentiel de la survie de l'homme.


3 - L'ingratitude envers une grande dame.

"Myriam mourut en ce lieu et fut ensevelie.. Or la communauté manqua d'eau." - Les Nombres 20, 1 et 2

Pour quelle raison, les bnéi Israël se retrouvèrent-ils sans eau au point de mourir de soif ?

Parce qu'ils n'ont pas pleurer la disparition de la Tsadekket Myriam de façon adéquate.

Pour le décès d'Aaron, il est écrit qu'ils l'ont pleuré durant 30 jours (Verset 29), ainsi que pour Moïse, mais pour Myriam, ni pleurs, ni oraison funèbre ne sont mentionnés dans le Torah.

Ce fut donc une marque d'ingratitude de leur part, et voilà la raison pour laquelle l'eau leur fut retirée pour qu'ils reconnaissent la grandeur de Myriam. Kli Yakar.

Puisque qu'ils n'ont pas versé de larmes, que leurs yeux restèrent secs, alors il furent punis par le manque d'eau, le puits s'assécha. Toldot Yits'hak

4 - La souffrance

"Et le peuple chercha querelle à Moïse?" - Les Nombres, 20, 3

Alors que le peuple d'Israël était en grande souffrance, et qu'il manquait d'eau, il se trouva en prise à la crainte de la mort. Et dans cette situation, il fit des reproches très dures à Moïse. Or, bien que les membres de la communauté se trouvaient dignes d'être punis pour cela, D-ieu vit que c'était leur souffrance qui provoqua leurs réactions de colère et leur emportements. C'est pourquoi Il ne les punit pas.

De là, nous apprenons comment il n'est pas bien de dédaigner un homme qui se plaint, même si ses plaintes nous semblent injustifiées. Car la souffrance fait souvent perdre la tête aux hommes et de ce fait il faut savoir laisser passer les exigences d'un homme qui dans sa souffrance ne sait plus ce qu'il dit.

5 - Jeter les eaux

Il existe un Minag (une coutume) qui consiste à jeter l'eau des maisons qui se trouvent concomitantes à celle dans laquelle il y a eu une mort.
(Choulkhan Akhour, Ioré Déa, 339, 5)

C'est pourquoi, toute la communauté se trouva soudain privée d'eau, dans la mesure où chacun vida ses cruches après la mort de Myriam.

Deux raisons pour lesquelles l'on verse l'eau:

D'abord, le fait que l'on jette l'eau fait comprendre aux habitants que la mort a touché l'un d'eux. Ainsi, personne n'en vient à annoncer la mauvaise nouvelle et à prononcer des paroles tristes.

Deuxième raison : parce que l'Ange de la mort nettoie son épée avec les eaux des maisons environnantes. Le Chakh

7 - Savoir pardonner.

"Le peuple se plaignit de D-ieu et de Moïse : "Pourquoi nous avez-vous tirés de l'Egypte pour nous faire mourir dans ce désert ? Car il n'y a point de pain, point d'eau, et nous sommes excédés de cet aliment misérable." Alors l'Eternel envoya contre le peuple des serpents brûlants qui mordirent le peuple.

Et le peuple vint vers Moïse et il dit : "Nous avons péché, car nous avons parlé contre l'Eternel et contre toi. Intercède auprès de l'Eternel pour qu'Il détourne de nous ces serpents." Et Moïse pria pour eux?"

Les Nombres, 21

Quand un homme faute, mais qu'il reconnaît sa faute et qu'il la regrette. Il est bien que l'autre accepte de lui pardonner facilement, comme on le voit avec Moïse qui pria tout de suite pour le peuple.


8 - Le Pouvoir d'un serpent

"Et D-ieu lui dit : fais toi-même un serpent et place-le au haut d'une perche : quiconque aura été mordu, qu'il le regarde et il vivra." - Les Nombres, 21, 8

Pourquoi D-ieu n'a-t-il pas pardonné directement au peuple en faisant disparaître les serpents, comme Il le fit pour les grenouilles en Egypte, et demander à Moïse de faire un serpent pour les guérir ?

Rabbi Shimon Bar Yo'haï dit : "Certes D-ieu pardonne toutes les fautes, mais Il ne pardonne pas le Lachon Ara (la médisance)."

Zohar Akadosh, Paracha Chlakh Lekha.

Chaque fois qu'un homme fait une faute, il donne naissance à un mauvais ange qui se tient pour l'accuser, mais quand il fait de la médisance (Lachon Ara), alors cet ange en plus de l'accuser, fait preuve de toute sa force pour dire du mal de ce fauteur.

Le serpent que Moïse installa sur ordre de D-ieu au bout de son bâton, avait le pouvoir de guérir immédiatement celui qui le regardait. Le Traité Roch Achana, 29a nous dit que de ce serpent, "en réalité il faut y voir un symbole : quand les Israélites levaient les yeux vers D-ieu en soumettant leur cœur à leur Père, ils guérissaient, sinon ils dépérissaient."

Une autre explication...


Quand ils regardaient le serpent, ils se souvenaient de la faute d'Adam Arichon, puisque le serpent est le premier ennemi de l'homme. Et sur le champ, ils étaient entraînés par la force de la réparation (Téchouva).

Il est intéressant de noter, enfin, que cette image du serpent enlacé autour d'un bâton figure comme emblème de la médecine d'Hippocrate, de l'époque reculée de la Grèce antique jusqu'à aujourd'hui.