Parasha
Kedoshim
Sommaire
1. L'amour du prochain, Rabbi Akiva et
la séfirat haOmer
2. Histoire: la force d'aimer autrui
3. Ne maudis pas un sourd
4. Education : semonces ou explications
5. L'amour désintéressé
6. Aimer c'est donner
7. La folie de se frapper soi-même
8. Savoir aimer tout le monde
9. Citations
10. D-ieu et l'amour
11. Avant la prière, aimer tout le monde
12. L'amour adoucit la rigueur (les jugements)
13. Le Chalom dans le Sanhédrin
14. Histoire :Comprendre son prochain
15. Honore le zaken!
16. Lève toi dans ta jeunesse
17. Honorer
18. Colportage
19. Sauver son prochain
1
- L'amour du prochain, Rabbi Akiva et la séfirat haOmer
Un des thèmes centraux de la Parasha gravite autour de la mitsva:
"Tu aimeras ton prochain comme toi-même".
Y
a-t-il un plus beau commandement que celui-ci pour nous faire transiter
de la fête de Pessa'h à celle de Shavouth, sachant que
l’on traverse la période du Omer. Cependant, c'est pendant
cette même période que les élèves du Maître
de la génération Rabbi Akiva furent décimés
par une épidémie, qui emporta 24000 élèves.
Il est connu que la cause de ce ravage provient du manque d'égard
que les élèves témoignaient entre eux. Cependant,
il convient d'expliquer ce que cela implique.
Le
Talmud (Yebamot 62b) nous enseigne: "Rabbi Akiva avait 12 000 couples
d’élèves de Guevet jusqu’à Antipras
et tous sont morts pendant la même période car ils ne se
respectaient pas l’un l’autre; et le monde était
désole, vide [Rachi explique que la Torah s’oubliait] jusqu’à
ce que Rabbi Akiva aille enseigner à Rabbi Méïr,
Rabbi Yehouda, Rabbi Yossi, Rabbi Chimon et Rabbi Elazar ben Chamoua
qui eux représentaient la Torah à cette époque.
Deux
questions se posent :
-
Pourquoi une telle épidémie vient-elle sanctionner (au
point que le monde fut vide de Torah), un simple manque de respect mutuel.
-
Si l'on nous enseigne qu'il y avait 12000 couples d’élèves
sont morts et non pas 24000 élèves, c'est pour nous enseigner
que la réussite dans leur étude était due à
leur union. Dans ce cas, comment se fait-il que d'un autre côté,
ils ne se respectaient pas?
Le
Midrash nous apprend que c’est Rabbi Akiva lui-même qui
répond à ces questions. Il s’adresse à ses
nouveaux élèves en leur disant:
"Mes
premiers élèves sont décédés parce
qu’ils avaient Tsarout Ain, ils ne pouvaient pas supporter que
leur prochain reçoive quelque chose sans penser que cela était
à leur détriment. Vous, veillez bien à ne pas vous
comporter comme eux et répandez la Torah en Israël.
Rabbi
Akiva vient nous apprendre que la Tsaout Aïn est le point de départ
du problème et il entraîne un manque de respect envers
son prochain pensant qu'il nous vole notre dû.
Pour
éviter de tomber dans ce piège, il faut savoir que personne
ne peut venir nous voler ce qu'il nous a été destiné.
On
peut expliquer le verset "tu aimeras ton prochain (réé'ha
en hébreu) comme toi-même" par le sens que Rachi lui
confère dans le livre où "réhé'ha"
signifie D-ieu lui-même. Et notre verset dans la paracha Kedochim
prend un autre sens: à travers l’amour que l’homme
a vis à vis de D-ieu il arrive à annuler son égo
et à comprendre que tout provient du Tout-Puissant, il n'éprouvera
alors aucune jalousie quelque soit la part de son prochain. Il arrivera
alors atteindre le niveau de "Tu aimeras ton prochain (ton ami)
comme toi même".
(En
fait, pour annuler son ego, il faut savoir donner à l'autre.
Quand on lui donne, on parvient à l'aimer.)
Pour
conclure, la Tsarout Aïn n’est pas à mettre seulement
en relation avec les rapports sociaux, mais elle annule aussi les 48
qualités par lesquelles la Torah s’acquiert.
Car
en faisant passer sa propre personnalité avant la Torah, on manifeste
par ce fait le rejet complet des valeurs qui y sont enseignées.
C'est ce rejet qui est la cause d'une punition du Ciel si sévère.
Le
Saba Mikelem écrit que la Torah nécessite un récipient.
L’homme de nature grossière n’est pas apte à
la recevoir; s’il n’a pas "bon cœur" il ne
peut pas partager les difficultés avec son ami et ne s’habitue
pas à respecter l’autre. Il renforce son égo et
de ce fait diminue la valeur de la Torah. Seul celui qui casse sa nature,
son égoïsme, qui se raffine et se purifie peut prétendre
acquérir la Torah.
Et
c’est bien cela qu’il est écrit dans cette paracha
:
Soyez
Kédochim (Purs , Saints) Car
Moi (D-ieu) Je suis Saint
tiré de Sifté Haïm Rav Friedlander z"l

UN
HASARD ?
D’après le Rambam, la mitzva de Ahavat Israël (l’amour
de son prochain) est la 32ème mitzva de la parachat Kédochim;
32 est aussi la valeur numérique de Lev qui signifie le cœur
!?!
Est-ce
vraiment un hasard ?
Donc
avant le don de la Torah, nous devons préparer notre cœur
et étudier les Maximes de nos Pères pour être apte
la recevoir, comme le disent nos Sages: "Celui qui dit: "je
n'ai que la Torah (sous-entendu les lois entre l'homme et son prochain,
il ne les accomplit pas), même la Torah, il n'a pas".

2 - La force d'aimer autrui
Voici une histoire qui vient illustrer admirablement en quoi consiste
l'amour du prochain dans "la vie de tous les jours".
Cela
se passait il y a longtemps, deux amis très proches vivaient
une vie paisible; ils se connaissaient depuis de nombreuses années
déjà; leur jeunesse ne leur a laisse que des souvenirs
de partage et de concessions; cela a crée entre eux un lien d’amitié
très fort que l’on disait sans limite.
Et
puis les deux amis ont appris chacun un métier; ils se sont sépares
et sont allés vivre chacun dans une ville avec leur famille.
Et
comme cela arrivait souvent à l’époque une guerre
éclata entre les deux villes. L’un
des amis fut envoyé comme espion dans l’autre ville et
fut attrapé et fait prisonnier. Le
juge ne lui laissa guère de chances et il fut condamne à
mort. Le
jour de l’exécution, le gouverneur présent pour
pareille circonstance lui demanda sa dernière volonté."Laissez
moi retourner dans ma ville régler mes affaires et mes papiers
pour que mes enfants ne meurent pas de faim après ma mort"
lui répondit-il. "Je
ne te fais pas confiance ; tu te sauveras."
"Et
si je vous propose un garant de mon retour?" "Personne
n’accepterait une pareille chose!"
"Appelez
mon ami qui vit dans votre ville ; lui sera garant de ma bonne foi."
Et
en effet l’ami se porta garant; on lui expliqua qu’il risquait
d’être mis a mort a sa place ,mais il s’en tint a
sa décision, et accepta d’être mis en prison en attendant
le retour de son ami fixe au maximum a un mois. La
fin du mois arriva et d’ami toujours pas!!
Le
gouverneur appliqua alors la loi et envoya le prisonnier sur l’échafaud.L’épée
était déjà sur le cou du condamne quand on entendit
au loin des cris : "Arrêtez, je suis là, je suis revenu
!!!".En
effet, il était revenu, au dernier moment, quand personne n’y
croyait plus. Il
arracha l’épée du cou de son ami et la posa sur
le sien, mais son ami n’était pas d’accord et joua
le jeu inverse, et ainsi de suite. Le
public était étonne. Le bourreau désemparé.
Le gouverneur bouleverse. Bouleverse
par une si grande amitié, au point que la mort de l’autre
est pour son ami impensable; au point qu’il donne sa vie pour
lui; parce qu’il l’aime autant que lui-même. Le gouverneur
fit grâce au(x) condamne(s), et leur demanda de partager leur
amitié avec lui.
Cette
histoire est le reflet de ce que la guemara nous enseigne: "Ce
que tu ne veux pas que l’on te fasse ne le fais pas a ton ami".
LE
MOT DE LA FIN
HILLEL,
a celui qui voulait apprendre TOUTE LA TORAH sur un pied, lui dit :
ce que tu n’aimes pas pour toi même ne le fais pas a ton
prochain. C’est cela la règle et le reste n’est que
commentaires et explications.
Rav
Yossef Cohen
3 - Ne maudis pas un sourd (Lévitique
19:14)
La loi orale précise que la défense s'applique à
tout être vivant, même à un sourd, et qu'elle vise
également celui qui n'entend pas la malédiction quoique
n'étant pas sourd, car selon le Zohar la parole a une force.
Quand
à Maimonide, il ne croit pas au pouvoir nocif de la parole, mais
il attribue la défense à des raisons morales et pédagogiques.
L'homme ne doit pas se livrer à des actes de vengeance ni céder
à la rage. Aussi lui défend-on de proférer des
paroles haineuses à l'égard de son prochain en lui souhaitant
du mal.
Kol haTorah
4- Education : semonces ou explications
R. Israël Meïr Hacohen de Radin disait de même à
ses élèves: " Lorsque vous serez des rabbins en Israël,
il importe de ne pas imposer à votre auditoire des paroles de
semonces et de récriminations. Car les soucis et les détresses
ont rendu le cœur lourd et ces propos ne trouvent pas d’écho.
Il faut avant tout expliquer aux auditeurs la gravité de la défense
en question et leur faire comprendre ce que l’Eternel attend de
nous. Ceci servira bien davantage que les paroles sévères
préférées par la plupart des prédicateurs
et que personne ne prend à cœur" " Celui qui ne
sait exhorter avec douceur, écrit R. 'Haim de Wolozin, est exempt
du devoir de réprimander.
5 - L'amour désintéressé
"Tu aimeras ton prochain comme toi-même, je suis l'Eternel".
(Lévitique 19:18)
Le Rav Aravé Na'hal explique que le verset ne peut pas s'interpréter
dans son sens simple et il se réfère donc à sa
traduction araméenne: "ce que tu n'aimes pas qu'on te fasse,
ne le fais point aux autres".
Chacun
souhaite qu'on ne le trompe pas dans les affaires, ainsi on ne trompera
pas autrui, ni on se moquera de lui, ni on ne proféra de médisance
sur lui de la même manière qu'on ne souhaite pas qu'on
en dise sur nous.
Dans
l'antiquité, le philosophe Platon enseigna que l'amour du prochain
se réalise que lorsque se trouvent réunis ensemble deux
opposés. Par exemple la terre souhaite recevoir de l'eau, chaque
goutte est accueillie par la terre avec un grand désir. Un riche
aime un pauvre, car il est contraire à sa nature, tandis que
si son prochain était également riche, il ne l'aimerait
pas autant, comme nous enseigne nos Sages cet état de fait: "Un
artisan n'aime pas son confrère (du même corps de métier)".
Par
la suite, Aristote se moqua de lui et rejeta cette théorie et
expliquant que cela ne s'appelle pas de l'amour. Car la terre qui reçoit
l'eau, n'aime en fait qu'elle-même, c'est pour cela qu'elle désire
recevoir de l'eau.
De
même le riche aime le pauvre, car grâce à ce dernier,
il parvient à calmer sa conscience en lui prodiguant de la tsédaka
(aumône). Il acquérra ainsi une part du monde futur. Donc
en fait, il n'aime que lui-même.
C'est
ce que vient nous apprendre les Maximes de nos Pères: "l'amour
qui dépend de quelque chose, en fin de compte disparaîtra.
Tandis que celui qui ne dépend de rien durera à jamais."
Donc,
l'amour authentique envers autrui, c'est celui pour lequel on attend
rien en retour et malgré tout, on aime quand-même.
C'est
cela l'explication du verset "tu aimeras ton prochain comme toi-même".
Malgré qu'il te ressemble et que tu ne tireras rien de lui, malgré
tout aime-le ! C'est cela l'amour sincère.
Kol
Yéhouda
Note: nous savons que certains philosophes grecs comme
Platon ont eu des contacts avec nos Sages et qu'une partie de leur enseignement
provient du judaïsme qui leur est bien antérieur.
6 - "Aimer c'est donner"
L'amour est engendré par le fait de donner. En donnant à
l'autre, on lui donnait un peu de soi-même, et on en vient à
aimer le récipiendaire car on retrouve en lui cette partie de
soi-même. Si on lui prodigue beaucoup de 'hessed (bonté),
on se retrouve presque entièrement en lui et on en vient à
l'aimer comme soi-même.
"Aimer son prochain comme soi-même sans aucune différence
découle d'une identification totale avec lui, de cœur et
d'âme. (Ram'hal, Messilat Mécharim)
7 - "La folie de se frapper soi-même"
Le devoir d'aimer son prochain "comme soi-même" se précise
davantage dans l'exemple suivant donné par nos Sages (Talmud
Nédarim 9b): En coupant la viande il se trancha l'une des ses
mains. Peux-tu imaginer qu'il ira couper la seconde main pour avoir
coupé la première.
Ainsi
en est-il dans nos rapports avec autrui: la multitude des enfants d'Israël
se rassemblent dans un seul corps s'appelant le Peuple d'Israël.
Donc
on comprend que si l'un commet un méfait envers son prochain,
il devra régler ce litige devant les autorités rabbiniques,
comme la main droite soigne la main gauche, sans animosité.
C'est
dans cette vaste perspective que R Mena'hem Schneerson de Lubavitch
conçoit le devoir d'amour d'autrui. Si les êtres sont séparés
physiquement les uns des autres, l'âme leur est néanmoins
commune de par ses origines et de par sa nature, si bien que les sentiments
des uns se répercutent chez les autres. Le Peuple constitue une
unité organique. Chaque membre partage les souffrances et les
joies des autres.
8 - Savoir aimer tout le monde
" Que l’homme s’habitue à ouvrir son cœur
à. l’amour d’autrui et à aimer tous les hommes,
y compris les pécheurs et les impies, comme s’ils étaient
des frères et même davantage. On souhaitera leur repentir
pour qu’ils deviennent des justes. On ne pensera qu’à
leurs bons côtés, en ignorant leurs défauts et leurs
vices. On se dira: si ce pauvre était riche, combien aurais-je
été heureux de vivre en sa compagnie. Si cet homme délabré
était bien vêtu, il ne serait point différent de
moi. Pourquoi le mépriserais-je? Il est plus digne que moi aux
yeux de l'Eternel, car ses souffrances et ses misères l’ont
absous de tous ses péchés. Pourquoi alors haïrais-je
celui qui est aimé de Dieu... " (Tomer Débora, ).
9 - Citations
Chaque juif est un fils unique au yeux du Maître du monde.
Rabbi Chalom Dov Ber de Loubavitch
De la même manière que les étoiles du Ciel nous
apparaissent comme des petits brillants à nos yeux, alors qu'en
vérité ce sont des univers entiers, de même il y
a certains juifs qui paraissent simples aux yeux du monde, mais en fait
dans les cieux ils sont des géants. Le Baal Chem Tov
Un juif est comparable à une pièce d'or. Même si
cette pièce peut se salir et perdre son éclat, en la nettoyant
un petit peu, on lui rendra son étincellement initial.Rabbi
Mordé'hai Lékovitz
Israël ressemble à la lune. Parfois elle est pleine, parfois
elle s'efface. Rabbi
Yaakov Yossef
10 - D-ieu et l'amour
"Tu aimeras ton prochain comme toi-même, Je suis l'Eternel"
Quel rapport y a-t-il avec "Je suis l'Eternel"?
Si
tu ne trouve pas de raison pourquoi aimer son prochain, aime-le car
Je suis l'Eternel, tel un homme qui déclare à son ami
: "Aime mon fils, pour moi (fais-le pour moi).
"Ahava" – Aimer = chiffre 13 = E'had – Un .
Un = D-ieu. Lorsqu'il y a union, la Présence divine repose sur
nous.
Lorsque
j'aime mon prochain, j'aime D-ieu.
Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Si toi tu l'aimes (13) et que lui t'aime (13) cela totalise 26 le nom
de D-ieu.
Donc
si tu aimes ton prochain comme toi-même, "…Je suis
l'Eternel (26)".
"Shalom"-
la paix, est le nom de D-ieu.
11 - Avant la prière, aimer tout le monde
Avant de prier, il faut recevoir sur soi la mitsva d'aimer son prochain
comme soi-même et d'aimer tout Israël comme son âme,
afin que sa prière s'élève et fasse partie du Peuple
d'Israël. Ari zal, la Cabale
12 - L'amour adoucit la rigueur (le jugement)
"Tu aimeras ton prochain comme toi-même (camo'ha en hébreu).
Je suis l'Eternel".
La valeur numérique du mot "Camo'ha" équivaut
à 86, même valeur que le mot Elokim, nom divin sous son
attribut de justice, tandis que "Je suis l'Eternel" (correspond
à l'attribut de bonté).
Autrement
dit, lorsqu'un juif parvint à aimer son prochain, de tout son
cœur, il transforme la midat à din (justice) en clémence:
"Je suis l'Eternel" (sous son attribut de bonté).'Hida
Peut-être "comme toi-même" = rigueur = le Moi
de l'homme. Donc peut-être, l'annulation de son "Moi"
pour autrui amène la bonté.
13 - Le Chalom dans le Sanhédrin
Le Sanhédrin (la Grande Assemblée) condamnait à
l'unanimité un juif à la peine capitale, il sortait innocent
car comme tous les juges étant arrivés à un Chalom
total dans leur jugement, ils étaient parvenus à transformer
l'attribut de rigueur en bonté !!!
14 - Histoire :Comprendre son prochain
Dans la Yeshivah de Novardok, dont R’ Avrohom Yoffin (1887-1970)
était Rosh Yeshivah, il n’y avait pas de dortoir pour les
etudiants. Chaque étudiant devait se trouver un logement. Dans
l’ensemble, les propriétaires étaient heureux de
les avoir pour locataires. Mais il y avait une exception.
L’un
des immeubles, dont plus de vingt chambres étaient occupées
par des etudiants, appartenait à une femme aigrie qui avait très
peu de sympathie pour les jeunes hommes de la yeshivah. Cette femme,
une veuve qui vivait avec son fils unique, passait son temps à
se moquer des etudiants, et à les critiquer à tour de
rôle.
De
temps en temps, elle semait la panique dans l’immeuble. Un vendredi
après-midi, par exemple, elle coupa brusquement l’arrivée
d’eau. Une autre fois, elle coupa l’électricité
sans raison apparente. Rapidement, ses harcèlements devinrent
insupportables aux etudiants. L’un après l’autre,
ils se mirent à la recherche d’un autre logement. Il n’y
eut bientôt plus que quelques rares locataires dans l’immeuble.
Mais la propriétaire ne changea pas d’attitude. Bien que
ses revenus aient dangereusement baissé, elle continua à
harceler les jeunes gens, qui déménagèrent à
leur tour. Tous, sauf un — Yossef Geffen. Un matin, alors que
Yossef revenait de la synagogue, il aperçut la femme hargneuse
qui venait vers luien criant.
"
Tu dois être fou! Comment peux-tu encore rester dans mon immeuble?
Tu vois bien que tous les autres garçons sont partis —
pourquoi t’obstines-tu à rester? Pourquoi ne pas t’en
aller, comme eux? "
Yossef
resta silencieux quelques secondes, puis dit doucement:
"
Je reste ici pour vous. Je sais que vous vivez seule, et je crains qu’une
nuit, vous ne tombiez, ou que vous ne soyez malade et appeliez à
l’aide sans que personne n’entende vos cris. Je suis conscient
du fait que quand vous criez contre nous, vous ne faites qu’exprimer
votre frustration d’être veuve, et de devoir vous battre
pour gagner votre vie et celle de votre fils. C’est pourquoi j’ai
pensé qu’il valait mieux que je reste, au cas où
vous auriez besoin d’aide. "
Le
visage de la femme devint gris. Ce n’était pas du tout
la réponse à laquelle elle s’attendait. Elle pensait
qu’il s’emporterait à son tour. Elle était
si déconcertée par les préoccupations inattendues
du jeune homme qu’elle tomba littéralement à genoux
et, levant les yeux vers lui, dit: " Pardonnez-moi! Pardonnez-moi,
jeune homme! Je n’aurais jamais imaginé que vous restiez
pour cette raison. Comme vous êtes bon et généreux!
" Elle qui était habituellement cariâtre, eut soudain
l’air d’une vieille femme défaite et vulnérable.
Elle s’éloigna lentement, plongée dans ses pensées.
Plus
tard, elle vint à nouveau s’excuser auprès de Yossef.
Par la suite, elle n’adressa plus que des paroles aimables aux
étudiants qu’elle rencontrait. La rumeur se répandit
lentement et, voyant qu’elle n’était plus amère
ni hargneuse comme autrefois, ils commencèrent à revenir.
Finalement toutes les chambres furent à nouveau occupées.
Cependant
Yossef, qui habitait toujours là, n’utilisa plus jamais
l’entrée principale. Il préférait prendre
l’entrée de service, pour éviter de rencontrer et
de mettre dans l’embarras la propriétaire, qui chaque fois
qu’elle le revoyait, s’excusait sans fin.
Quel
bel exemple pour nous.
15
- Honore le zaken!
"Lève-toi devant une tête blanche et honore la présence
d'un zaken (personne âgée)" (Lévitique 19:32)
Nos Sages disent: qu'est-ce qu'un "Zaken"? Zé kanna
'hochma (c'est celui qui a acquis de la sagesse). (Kédochim 32b)
Donc
nous devons avant tout nous lever devant un Sage dans la Torah.
Mais
le début du verset nous indique qu'il s'agit d'une personne âgée.
Donc
nous avons deux mitsvot:
La
première de se lever devant une personne âgée. Le
deuxième de se lever devant un Sage de la Torah même s'il
s'agit d'un enfant.
A
partir de quel âge devons-nous nous lever?
Selon
le Rosh (Kédochim 33), l'âge est de 70 ans.
Selon
le Rachbats (Rabbi Schlom ben Tséma'h Durand) et le Ari zal,
l'âge est de 60 ans.
La
mitsva de se lever est applicable même pendant la prière
quand la personne passe dans les 4 amot (2 mètres) ainsi que
lorsqu'il étudie la Torah.
Il
est une mitsva de se lever et de lui céder sa place dans un bus,
sauf si la personne est malade.
16 - Lève-toi dans ta jeunesse
"Devant une personne âgée lève-toi" (Lévitique
19:32)
Avant de parvenir à la veillesse, lève-toi (au sens moral).
Il n'est guère glorieux pour l'homme d'attendre les jours de
vieillesse pour mener une vie morale.
17 - Honore
"Lève-toi devant une tête blanche et honore la présence
d'une personne âgée" (Lévitique 19:32)
L'homme dans sa vie peut posséder différents atouts: la
force, la sagesse, la richesse, le pouvoir, les honneurs. Mais lorsqu'il
vieillit, il perd en général une partie d'entre eux. Il
peut devenir fragile de santé, il peut perdre une partie de ses
revenus et ne disposer que d'une petite retraite (il n'aura pas la force
de se remettre à travailler), il peut perdre ses facultés
intellectuelles.
Il
est écrit qu'on doit donner au pauvre ce qui lui manque, c'est
à dire qu'un homme ayant l'habitude de voyager en cheval. Si
demain il viendra à s'appauvrir jusqu'à vendre son cheval,
nous avons le devoir de combler ce manque si on les possibilités.
Par
la mitsva de se lever en sa présence, on lui redonnera l'importance
et l'estime qu'il avait connu autrefois.
18 - Colportage
C'est une mitsva passive de ne pas rapporter à son prochain des
paroles qui ont été dites contre lui (Lévitique
19:16). Même s'il relate la vérité, par cela il
entraîne la destruction du monde. Selon le Zohar la parole a une
force.
Le
colportage explique le Ramban est similaire au marchand qui achète
des produits à un endroit et les revend à un autre. Tel
est le colportage où l'on rapporte à l'un ce qu'on a entendu
de l'autre.
Le verset sur le colportage est juxtaposé avec "tu ne resteras
pas indifférent devant le sang de ton prochain", car l'un
peut entraîner l'autre.
19 - Sauver son prochain
"Ne reste pas indifférent au sang de ton prochain"
(Lévitique 19:16)
C'est une mitsva passive ne pas rester indifférent devant son
prochain en danger comme par exemple lorsqu'il est en train de se noyer
dans un fleuve et dans un autre danger. On a le devoir de faire tout
notre possible pour le sauver. De même on doit sauver son prochain
d'une perte d'argent.
Le rachat d'un prisonnier
Est également inclus dans cette mitsva le rachat d'un prisonnier.
Donc
aujourd'hui, nous devons tout faire pour sauver nos frères d'Iran
et nos soldats d'Israël qui sont emprisonnés. Et surtout
prier pour eux.
Conclusion
A la fin on comprend pour quoi au début de la parasha, il est
marqué "vous serez saint car je suis saint", car seule
une personne souhaitant arriver à la sainteté s'efforcera
à accomplir toutes ces mitsvot.