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Parasha Nitsavim

Sommaire

1 - Convocation au tribunal.
2 - La force de l'union. L'union fait la force.
3 - L'unité d'un peuple.
4 - La soif de savoir.
5 - Un bébé.
6 - Des livres vivants.
7 - Une grossière erreur.
8 - Tout est pour le bien.

Introduction

"Vous voici aujourd'hui (A yom) tous debout devant D-ieu… tout homme d'Israël.” - Deutéronome, 29, 9.
"A yom" signifie "Aujourd'hui", au début il s'écrit avec la lettre A (hé en
hébreu) qui a pour valeur numérique 5. Cela revient à dire :
"Vous voici ces 5 jours tous debout devant D-ieu" :
Deux jours de Rosh Ashana.
Le jour de Yom Kippour.
Le sixième jour de Souccot, (Oshana Rabba).
Chemini Atseret, le huitième jour de Souccot.

Aderet Eliahou.

Pratiquants ou non pratiquants, il n'y a plus d'étiquettes, nous nous tenons tous devant D-ieu, sans exception.


1 - Convocation au tribunal.

Il y a une semaine, j'ai reçu une convocation au tribunal.
Pris de peur, je me suis demandé quelle pouvait bien en être la raison.
Quand je découvris à la fin de la lettre la formule suivante :
Convocation au tribunal à Rosh Ashana devant D-ieu.

C'est alors que je me suis mis à souffler, à sourire même…

Puis, d'un seul coup j'ai eu honte.
Comment avais-je pu avoir peur d'un tribunal humain, qui au pire pouvait me
condamner à la prison, alors que devant D-ieu, je pouvais tout perdre, même la
vie éternelle, que D. m'en préserve.

2 - a -La force de l'union.

"Vous voici aujourd'hui tous debout devant D-ieu… tout homme d'Israël.
Deutéronome, 29, 9.

Quand pourrons-nous tous nous tenir debout ?
Quand nous serons tous unis.

b - L'union fait la force.

Un père dans ses derniers jours appela ses enfants autour de lui :
"Apportez-moi une botte de joncs."
Après l'avoir reçue, il leur demanda d'essayer de la casser en deux.

Aucun n'y parvint.

Il leur dit alors : "regardez de quelle manière il faut s'y prendre."
Les enfants curieux de savoir comment il allait réussir, se rapprochèrent de
lui. Il défit la botte, et cassa un jonc après l'autre.

"Voilà. De là vous apprendrez que si vous êtes unis, personne ne pourra vous vaincre ; en revanche, si vous êtes dans la dispute et désunis, nulle sera votre résistance."
C'est ce que dit Moshè au peuple d'Israël.

"Vous voici aujourd'hui tous debout devant D-ieu… tout homme d'Israël.

Mèam Loez.

Une belle histoire à raconter à nos amis, à nos enfants.


3 - L'unité d'un peuple.

La mitsva prescrivant au Roi juif de rassembler le peuple, Hakel.

"Assemble le peuple, hommes femmes enfants et l'étranger qui est dans tes portes
afin qu'il écoute ton Seigneur ton D-ieu et qu'il veille à accomplir toutes les
paroles de cette loi." Deutéronome 31-12.

Tous les sept ans, le Roi rassemblait le peuple, Il lisait et expliquait la
Torah devant tout le peuple réuni. (Il s'agissait en particulier du Chéma
Israël, qui rappelle l'unité du peuple Israël et de D-ieu).

A cette écoute, il convenait de prêter une attention redoublée, "avec crainte et
un respect mêlé de joie, comme au jour où, la Torah fut donnée au mont Sinaï."
(Rambam).
Quel moment extraordinaire de voir tout le peuple réuni dans la joie.


4 - La soif de savoir.

"Rabbi Yo'hanan ben Broka et Rabbi Elèazar Rasma étaient partis pour recevoir Rabbi Yehoshoua, à Pèkiin.
Il leur dit :
"Quoi de nouveau au Beit Amidrash (dans la maison d'étude) aujourd'hui ?"
"Nous sommes tes élèves et de toi nous buvons les paroles de la sagesse",
répondirent-ils.
"Quand même, il n'y a pas de jour au Beit Amidrash sans nouveauté."
"Nous avons étudié la paracha Hakel, et avons appris que si les hommes doivent venir pour apprendre, les femmes doivent venir pour écouter, mais les bébés pourquoi viennent-ils ? La réponse est : pour assurer une bonne récompense à ceux qui les accompagnent."
Lorsque Rabbi Yehoshoua entendit cette interprétation du verset. Il leur dit :
"Vous aviez une si belle pierre dans les mains et vous vouliez m'en priver ? !"

'Haguiga 3a.

5 - Un bébé.

A la suite de l'enseignement précédent.

Pourquoi Rabbi Yehosouha a-t-il réagi avec autant d'enthousiasme à la leçon qu'il venait d'entendre ?
Il avait été lui-même amené par sa mère à la Yeshiva, dans son berceau.
Elle disait toujours : "il faut que l'oreille de mon garçon s'habitue aux paroles de la Torah." Et c'est la raison essentielle pour laquelle il faut amener les bébés dans ce grand rassemblement.

Talmud de Jérusalem, Yevamot 1.

Enfin, Rabbi Yehoshoua était heureux de comprendre que même si l'on pouvait
penser qu'un bébé ne comprend rien à la Torah, sa mère serait effectivement
récompensée.

6 - Des livres vivants.

"Et maintenant écrivez ce chant, enseignez-le aux enfants d'Israël…"
Deutéronome, 31, 19.

Pourquoi le séfer Torah est-il appelé "chant" ?

Cherchez la réponse…

Notre paracha évoque la mitsva qui prescrit à chaque Juif d'écrire un séfer Torah.

Il s'agit d'écrire bien sûr (beiado), "avec sa propre main". Mais, il est possible évidemment de le faire écrire par un scribe (sofer) ou de participer au paiement communautaire d'un séfer Torah.

La Mitsva d'écrire un Sefer Torah était afin d'étudier dans le Sefer.

Donc, après l'apparition des Michnaïots, du Talmud, et des livres de nos premiers rabbins qui nous permettent d'étudier et de comprendre la Torah, dans le cas où nous avons plusieurs séfer Torah, a la synagogue la mitsva est
d'éditer des livres nécessaires à l'étude.


Le Rosh.
Nous comprenons alors pourquoi le verset précise "maintenant".
C'est-à-dire que "maintenant", vous avez la mitsva d'écrire le séfer Torah pour
l'étudier, mais "demain", ce sera les livres de vos grands rabbins qu'il s'agit
de diffuser et d'étudier.

Admor mi Gour.

Aujourd'hui, c'est une mitsva d'écrire (d'acheter) les cinq livres de la Torah, la Michna, la Guemara et leurs commentaires.

Choulkhan Aroukh, Yorè Déa, 270, 2.

Au siècle dernier, les riches se confectionnaient une bibliothèque de nos livres et les étudiants les empruntaient ou venaient les étudier chez eux.


7 - Une grossière erreur.

Combien sont-ils bêtes les gens qui se lèvent devant un séfer Torah et ne se
lèvent pas devant un savant de la Torah, appelé séfer Torah vivant.
Talmud

Donc, ce serait une grossière erreur de ne retenir de cette loi que la lettre,
et d'en oublier l'esprit :
Se lever devant les anciens et les talmidei 'Hakhamim, les sages, qui sont les
séfer Torah vivants de chaque génération, c'est une mitsva.

Il est interdit de vendre son séfer Torah, même si pour en acheter un nouveau.
Cependant, si c'est pour étudier la Torah ou pour se marier, il est permis de le
faire, dans le cas où l'on n'aurait plus rien d'autre à vendre.

Choulkhan Aroukh, Yorè Déa, 270, 1.


8 - Tout est pour le bien

Alors que le centre de la Torah se trouvait en Babylonie, avec le denier des Gueonim, le soleil se coucha à Babel ,mais un autre se leva déjà a l'Ouest qui allait illuminer le monde.

Aider par la Providence Divine qui prends parfois le masque des épreuves. Trois grands rabbins capturés par des pirates et les emmenèrent à l'Ouest de babel.
Quand des Juifs sentirent ces séfer Torah vivants, ils décidèrent de payer pour leur libération, chacun dans sa région. Et grâce à eux, c'est tout l'enseignement de la Torah qui fut sauvé

Le premier a Cordoue, rabbi Moshè ben 'hanoch dont le fils allait devenir le maître de Shmouel Anaguid et celui-ci le maître du Rif puis du Rambam (Maïmonide).

Le deuxième a Kairouan , Tunisie, Rabenou 'houchiel dont le fis Rabenou 'Hananel devint le maitre du Ran grand commentateur du Talmud.

Le troisième en Egypte, Rabenou Chmaya y installa un centre florissant en Torah.

...et surtout il faut se garder de les mépriser.


" Savent-ils les morts ce qui se passe dans le monde ou non"? demande le Talmud Berakhot.
L'on répond : "Oui, d'ailleurs quand le père de Schmouel fut méprisé par les paroles de ses détracteurs, soudain du toit, un éboulement de pierres les terrassa."
La guemara répond : "Ceci n'est pas une preuve que les morts savent ce qui se passe ! Puisque le père de Schmouel était Talmid 'Hakham(Sage), c'est Achem lui-même qui lui fit justice, car l'on ne dit pas de mal de son trésor, l'on ne
dit pas de mal d'un homme qui s'est sacrifié jour et nuit pour la Torah de D-ieu."


A'her, maître de Rabbi Méir, se détourna des voies de la Torah.
Un jour bien apres sa mort, sa fille se rendit un jour en haillons chez Rabbi Yehouda Anassi, le Prince :
"Rabbi donne-moi de quoi vivre", dit-elle.
Celui-ci, sans le lui refuser, lui dit : "de qui es-tu la fille ?"
"je suis la fille de mon père elisha ben avouya (aher)"
"Y aurait-il encore des descendants de A'her, ce racha ?"
"Rabbi, rappelle-toi sa Torah et non ses actes", rétorqua la mendiante.

Au même instant, un feu descendu du ciel et vint brûler le banc sur lequel était
assis Rabbi Yehouda le Prince. Il se mit à pleurer, et dit :
"Si déjà D-ieu protège ceux qui ont étudié et qui se sont éloignés, ô combien davantage protége-t-Il ceux qui étudient et qui restent dans les chemins de la Torah !".

Guemara, 'Haguiga, 15b