Vers l'accueil Les Tsadikims La Yeshiva Poser votre Question Nous contacter

 

Parasha Vaera

La paracha est écrite pour la réussite de Dan ben Mamo et à la mémoire de Shimon ben Rachel Melloul

Sommaire

1. Hachga'ha – La Providence
2. La Reconnaissance
3. Ne criez pas à un sourd
4. Education

1 - HACHGA’HA – La providence

"Quand le Pharaon nous dira: "Donnez-vous un signe…" - Chémot 7-9

Le Midrach (Par 1:9) remarque:
Dès le début Hachem dit à Moché ce qui se passera. Il n'est pas dit "si" le Pharaon vous dit, mais "quand' le Pharaon vous dira.. Il vous dira sûrement, alors donnez-vous un signe.
C'est ainsi que le prophète Isaïe l'exprimera également (Isaïe 46): "Dès le début, j'annonce les choses futures et longtemps à l'avance. Ce qui n'est pas encore accompli…et tout ce que je veux, je le réalise".

Ainsi, Noa'h (Noé), après tous les miracles qu'Hachem lui a faits dans l'arche, et après lui avoir promis "Il n'y aura plus de déluge qui viendra anéantir la terre", Noa'h le tsadik demanda un signe: l'arc-en-ciel.
Si Noa'h demande un signe à Hachem, alors Pharaon en a aussi sûrement le droit.
De même, Ezechias, Roi de Juda, à qui Hachem promet de guérir, en demande la preuve.
Ainsi 'Hanania, Michaël et Azaria ne se sont précipités dans la fournaise de Nabuchodonosor qu'après avoir reçu l'assurance par un signe d'Hachem. Donc Pharaon, à plus forte raison.
(Fin de citation du Midrach).

Pour pouvoir bien expliquer ce Midrash, il convient d'introduire la notion suivante:

On distingue toujours 3 niveaux:
1. La pensée (le projet)
2. La parole (la décision)
3. L'acte (la réalisation)

1. La pensée d'Hachem est sujette à changement.
Lorsqu'il décida de créer le monde par la justice ("Béréshit bara Elokim" = attribut de justice), il vit que c'était trop en demander à l'homme et créa le monde avec miséricorde ("Bayom Bara Hachem" = attribut de grâce).

2. La parole d'Hachem, c'est la prophétie, elle peut ne pas se réaliser si l'homme fait Téchouva (se repent).

3. L'acte d'Hachem désigne ce qui est irréversible, c'est la Hachga'ha (la Providence divine), c'est à dire l'Histoire.

Ainsi Noa'h demande à Hachem de sceller un pacte avec l'humanité par un acte. Le signe de l'arc-en-ciel sera le garant que l'Histoire ne comptera plus de déluge, quelle que soit la conduite des hommes. Même après avoir promis un enfant à Sarah, Hachem lui envoie un ange pour le lui annoncer, donnant à sa promesse une valeur d'acte irrévocable qui transformera le rire du doute de Sarah en rire de joie: la naissance d'Its'hak fait partie maintenant de l'Histoire.

De même la réticence de Pharaon à la mission de Moché et d'Aaron est voulue par Hachem pour que la sortie d'Egypte se manifeste avec tout l'éclat voulu par la Providence divine et fonde ainsi l'Histoire du peuple d'Israël par la manifestation de la volonté d'Hachem sur terre. Rav Poultorak


2 - La reconaissance

Pourquoi Moché n'a-t-il pas frappé l'eau pour se transformer en sang?

Le Midrach explique:

"Sur les dix plaies par lesquelles l'Eternel a frappé l'Egypte, soulevons une anecdote fort intéressante: pour trois d'entre elles, l'eau, les sauterelles et les poux, Aharon fut envoyé à la place de Moché pour déclencher ces plaies. Moché ayant été sauvé par les eaux, par reconnaissance, il ne pouvait pas aller lui-même utiliser cet élément pour provoquer une plaie sur tout le pays."

Le Rav Dessler zal pose alors la question sur ce Midrach:

Est-ce que l'eau et la terre, qui sont deux minéraux ressentent quelque chose? Sont-elles conscientes de la reconnaissance de Moché pour le bien prodigué?

En fait, ni l'eau ni la terre n'éprouvent de sentiments. Seulement, l'âme de Moché, pour atteindre sa perfection et sa plénitude, s'astreint à ne pas porter la moindre atteinte à tout élément de qui il a reçu une fois du bien. Moché se retient de frapper l'eau, car s'il avait usé d'ingratitude, il aurait porté préjudice à ses propres midot (traits de caractères) habituées à prodiguer le Bien et à être reconnaissant du bien reçu d'autrui.


3 - Ne criez pas à un sourd!

"Moché redit ces paroles aux enfants d'Israël, mais ils ne l'écoutèrent point, ayant l'esprit oppressé par une dure servitude " (Chémot 6:9)

Leçon de ce verset:
Des fois la personne qui nous écoute n'a pas les possibilités de nous comprendre donc il ne faut pas s'énerver.

Ne criez pas a un sourd, il ne vous entendra pas.

4 - Education

Expliquez vous

Le Ralbag lit le même verset ainsi:
"Ils n'écoutèrent pas Moché, car ce dernier avait le souffle court et était accablé par sa tâche".
Moshe n'utilisa que quelques mots pour transmettre le message de la délivrance.
Il pensait qu'il lui suffisait de peu de mots pour annoncer cette bonne nouvelle, mais il ne fut pas compris.

Lorsqu'une personne désire transmettre un message à autrui, elle doit se soucier non seulement de l'idée à transmettre, c'est à dire du fond du message, mais aussi de comment le transmettre, c'est à dire sa forme, faute de quoi son interlocuteur ne prêtera pas attention à son discours.
Très souvent ç'est le problème parents-enfants.

Très bonnes leçons aussi pour les dirigeants
"L'Eternel parla à Moché et Aaron, il leur donna des ordres pour les enfants d'Israël…" (Chémot 6:13) Ce que l'Eternel a ordonné ne nous est pas rapporté ici. Cependant, le Midrach sonde le sens profond de ce verset et décèle la réponse divine à la déception de Moché.

Lors de ses premiers pas en tant que dirigeant du Peuple d'Israël et face à ses premières déceptions, l'Eternel vient l'encourager et lui donner une leçon de dirigeant:
"Sache que tu as à faire à un Peuple éreintant, irascible et embêtant. Il est pessimiste et n'a pas une grande foi. Tu devras l'accepter tel quel, avec tous ses défauts, l'aimer et le délivrer. A toi de porter son fardeau.

Seulement, sache que tu ne retireras aucune grandeur et aucune gloire de tout ton labeur. Que ce principe soit gravé en ton cœur: la seule chose que tu recevras en retour, c'est des malédictions et des jets de pierres. La conduite d'un peuple, c'est une servitude, pas un titre d'honneur. Tu es prévenu afin de ne pas rencontrer d'amères déceptions par la suite."

Moché entendit, enregistra et comprit. Ainsi en fut-il pour cette grande âme guidant le Peuple d'Israël pendant son séjour dans le désert.