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Dossier Spécial

Tsédaka et Maasser

1. Comment donner ?
2. Donner soi-même la Tsédaka
3. La pensée dans le don
4. Histoires sur la Tsédaka et le Maasser
5. On ne construit pas le Temple sur le compte de l'Etude de la Torah
6. Une compagnie d'assurances pas comme les autres
7. Na'houm Ich Gam Zou expie son manque d'empressement
8. Huit degrés dans la manière de donner la Tsédaka
9. Histoire vraie



Introduction: "Un demi shékel"

"Quand tu feras le compte des enfants d'Israël … chacun d'eux paiera (demi-shequel) le rachat de sa personne … il n'y aura pas parmi eux de désastre". (Exode 30:11)
"S'il y a chez toi un pauvre parmi tes frères…, tu n'endurciras point ton cœur, ni ne fermeras ta main à ton frère nécessiteux". (Deutéronome 15:7)
"Ouvre-lui plutôt la main, prête-lui en raison de ses besoins, de ce qui peut lui manquer !" (Deutéronome 15:8)
(Deutéronome 15:10) :"Non ! Il faut lui donner, et lui donner sans que ton cœur le regrette, car au prix de cette conduite, l'Eternel Te bénira dans ton labeur et dans toutes les entreprises de ta main".

Séfer ha'Hinou'h : L'Eternel désire que Ses créatures s'habituent à prodiguer la tsédaka (charité) autour d'eux pour faire preuve de compassion envers leurs prochains. C'est en effet une des qualités les plus louables qui existe. Ainsi, quand la personne aura acquis ce trait de caractère, elle sera apte à recevoir le bien de l'Eternel. Car le bien et la bénédiction ne viennent que sur le bien. Et en prodiguant le bien aux gens bons, l'Eternel parfait sa Création qui consiste à prodiguer le bien à tous.
D-ieu aurait pu subvenir seul aux besoins du pauvre, mais dans Sa grande bonté, il a préféré nous laisser le privilège et le mérite de lui venir nous- même en aide.
En conclusion, nous sommes les trésoriers de D-ieu.

1 - Comment donner ?

"Ce tribut, donneront tous ceux qui entrent dans le dénombrement". (Exode 30:13)

Rachi commente :
Cela nous apprend que l'Eternel montra à Moshé une pièce de feu et lui dit : "Une telle pièce ils donneront".

Car Moshé avait deux difficultés :

1.Quelle forme devait avoir la pièce, car ils n'avaient pas la notion de monnaie.
2.Comment une pièce aussi petite avait-elle la force d'expier la faute des enfants d'Israël? Pourquoi cette pièce était-elle en feu et non pas en métal ? Il y a là l'allusion que ce n'est pas la valeur de la pièce qui fait la grandeur du don, mais la manière de donner.c est a dire avec joie et enthousiasme.

A quoi la chose ressemble-t-elle ?
A celui qui a appris le métier d'orfèvre et toute la procédure d'orfèvrerie. Il n'a oublié qu'une seule chose et c'est en fait la première : comment allumer le feu pour fondre l'or? Et s'il ne sait pas cela, il n'a rien fait du tout !

Pourquoi précisément une pièce en feu ?
Rabbi Na'hman explique qu'il y a un point commun entre l'argent et le feu.
Bien que le feu soit un élément très important dans la vie de l'homme, que le monde ne pourrait se maintenir sans lui, dans la fabrication industrielle, dans la cuisine et pour tous les autres travaux, malgré cela, ce même feu peut devenir dévastateur et destructeur.
L'argent comporte les mêmes propriétés :
Il n'y a aucun doute que l'argent représente un élément important dans la vie sociale et économique de l'homme et même sur le plan de la Tsédaka. Mais il peut se transformer en un feu dévorant si l'on ne sait pas comment l'employer.
De plus, un autre aspect du parallèle entre l'argent de la tsédaka et le feu, c'est que de même que le feu peut allumer mille bougies et n'en est pas diminué pour autant, de même, l'homme qui donne de la tsédaka ne verra pas son argent diminuer, bien au contraire et en plus, cela sera pour lui une protection.
Merveilleux .

2 - "Donner soi-même la Tsédaka".

A propos d'un important Rav de Jérusalem qui voyageait en Amérique pour récolter des fonds pour une certaine Yéshiva, il est raconté qu'en chemin, il entra chez une personne très fortunée pour lui demander un don. Mais celle-ci lui refusa sous prétexte qu'elle avait déjà versé de l'argent pour plusieurs Yéshivot.
Après plusieurs années, ce Rav voyagea de nouveau en Amérique pour la même raison et chemin faisant, il repassa devant la même maison. Lorsqu'il se présenta, il fut reçut avec les plus grands honneurs et cette même personne lui fit un très beau don. Le Rav le remercia chaleureusement et ne put s'empêcher de lui demander pourquoi, lorsqu'il se présenta chez lui plusieurs années auparavant, il refusa de lui donner le moindre franc. Le riche voulut alors lui raconter une histoire :
"En tant que vendeur de tapis, je dus effectuer, il y a un an, un voyage en Inde. En cours de voyage, je fis un accident et perdis connaissance. Je demeurai ainsi pendant un an à l'hôpital. Mes enfants reçurent par erreur une sorte de dépêche annonçant que j'étais mort, et ils voulurent partager un héritage très important…pendant que j'étais à l'hôpital, alité et sans connaissance. Par la suite, je guéris et je pus retourner en Amérique. La première chose que je voulus faire en arrivant dans ma ville, fut de réciter la bénédiction "haGomel" ("qui dispense le bien"). Je rentrai dans une synagogue et je vis des panneaux affichés :
- Celui qui paye 500$, on lui dira Kadich et on observera l'anniversaire de sa mort.
- Celui qui paye 200$, on lui dira le Kadich mais on n'observera pas l'anniversaire de sa mort.
- Celui qui paye 100$, on lui dira Kadich rien que le premier mois avec une étude.
- Celui qui paye 20$, on lui dira Kadich le premier mois mais sans étude.
Je fus curieux de savoir dans quelle catégorie mes enfants m'avaient inscrit. Je m'approchai et vis avec surprise mon nom apparaître dans la catégorie de 20$, ceci après l'énorme héritage que mes enfants avaient reçu.
C'est ainsi que j'ai décidé, Monsieur le Rabbin, qu'il est arrivé le temps de me préoccuper de moi-même et de mon avenir et que je gagne ma part du monde futur en pratiquant désormais la Tsédaka.
(Rapportée par le Rav Youdélévitch)

3 - La pensée dans le don

"J'ai désigné … Betsalel …pour concevoir les pensées (pour les ustensiles du tabernacle)", (Exode 31:2-4)

En quoi consiste le travail de "concevoir les pensées"?

En fait, Betsalel avait reçu le pouvoir de connaître l'intention profonde de chaque donateur, et selon son intention et la pureté de cœur au moment du don, Betsalel décidait de son utilisation. Si le don était le plus désintéressé, il était employé pour les ustensiles du saint des saints (la ménorah, l'arche etc.), si le don était fait pour des raisons d'honneurs ou autre, il pouvait servir jusqu'aux objets les moins élevés. Ainsi Betsalel décidait en fonction de l'intention de la personne au moment du don.


4 - une histoire:

Lorsque Rabbi 'Haïm de Volojin fondit sa célèbre Yéshiva, les coûts d'édification et d'entretien étaient fort élevés, c'est pourquoi il décida d'envoyer un émissaire parcourir le pays pour récolter des fonds.
D'année en année, il effectuait sa tournée qui passait entre autre dans un petit village où un certain juif avait coutume de faire annuellement un don important pour la yéshiva.

Cette fois-ci, l'émissaire arrivant chez ce juif se vit refuser le plus petit centime. En rentrant chez le Rav, il lui fit un rapport détaillé de son voyage et lui mentionna le comportement inhabituel de ce juif.
Le Rav comprit que se dissimulait une raison particulière derrière cela et décida de voyager en personne chez ce juif pour éclaircir la chose.
En l'apercevant, le juif courut au devant du Rav et le reçut avec les plus grands honneurs.

"Pourquoi as-tu changé à ton habitude et n'as-tu rien donné pour la Yéshiva ?"
Ce dernier répondit :
"Je ne suis pas bien riche, mais comme je suis émerveillé devant les étudiants en Torah, au moins je veille à donner une somme importante de mes revenus à ceux qui étudient pour m'associer à eux. Chaque année à la même date, je guette l'émissaire arrivant à pied, qui brave le froid et les bourrasques de neige pour atteindre ma chaumière, afin que je puisse lui remettre l'argent économisé pour la yéshiva. Quelle ne fut pas ma surprise, lorsque je vis arrive cette fois-ci l'émissaire dans une calèche. Je m'inquiétai que mon argent parte dans de telles dépenses plutôt qu'il ne serve à soutenir les indigents dans leur étude, c'est pourquoi je lui refusais tout don."

Le Rabbi lui expliqua :
"Sache qu'en fonction de l'intention du donateur, son argent est employé à différents usages. S'il l'intention est très noble, il va directement chez ceux qui étudient, mais s'il est donné froidement, il sert à financer des besoins moins élevés, comme la calèche et les chevaux que tu as vus, qui sont aussi nécessaire pour la yeshiva, car le nombre des besoins a augmenté, ainsi que le nombre de donateurs, grâce à D-ieu, c'est pourquoi nous avons besoin d'une calèche". C'est ce que dit le verset ( concevoir des pensées).


5 - On ne construit pas le Temple sur le compte de l'Etude de la Torah

Le Roi David sut par inspiration divine qu'il n'aurait pas le mérite de construire le Beit haMikdache (le Temple). Il désira cependant amasser tout l'argent nécessaire à sa construction. Il préleva des impôts dans le Peuple d'Israël. Lorsque les Sages vinrent le trouver pour l'informer qu'il manquait encore de l'argent pour construire le Temple, le Roi David leur ordonna de partir en guerre contre les 7 peuples qui résidaient en Israël pour s'approprier leurs biens. Mais cette décision entrava l'étude de la torah.
Lorsque l'Eternel vit ceci, il décréta que ce Temple un jour (après 400 ans), sera détruit, car il fut édifié sur le compte de l'étude de la Torah.
De là, on apprend l'importance de l'étude de la Torah qui surpasse même l'édification du Beit haMikdach.

Les vrais gardiens de la ville

Une fois, il y eut une épidémie dans une ville qui fit de nombreuses victimes. Les habitants allèrent trouver Rabbi Yehouda haNassi pour qu'il leur vienne en aide. Il leur répondit :
"Amenez-moi les gardiens de la ville !"
"Les gardes armés se présentèrent devant Rabbi Yehouda haNassi".
Celui-ci s'exclama :
"J'ai demandé les gardiens de la ville, pas les destructeurs de la ville ! Ce n'est que grâce au mérite de l'étude de la Torah des Sages que la ville est gardée. Les gardes armées de la ville même si on a besoin d'eux, leur fonction provoque un amoindrissement de la foi dans la population car les gens se reposent entièrement sur eux au lieu de s'en remettre à l'Eternel."
Rabbi Yehouda haNassi donna aux Sages un programme d'étude particulier et par ce mérite, la ville retrouva son calme habituel Talmud Yeroushalmi, Haguiga 7

6 - Une compagnie d'assurance pas comme les autres

Un jour, il y a déjà plusieurs siècles, M. notable dans la ville de V. vint ouvrir une affaire. Il souhaita l'assurer pour se prémunir contre de mauvaises surprises. Que fit-il ? Il alla dans une compagnie d'assurances et fit faire une estimation du coût pour une assurance. Ensuite, au lieu de payer cette assurance, il alla trouver les Sages de la ville et leur versa cette somme pour les soutenir dans leur étude.
Grâce à ce système, son entreprise devint florissante.
Un jour cependant, la marchandise qu'il avait commandée tarda à être livrée. M. commença à douter du zèle et de l'assiduité des Sages qu'il entretenait, mais peu de temps après, le bateau arriva. M. fut prit de tels remords qu'il demanda aux Sages l'excommunion en signe de repentance, afin de ne plus en arriver à suspecter de telles choses.
Ensuite, il augmenta encore son soutien aux Sages et s'enrichit. Sa famille resta très connue pendant plusieurs siècles.

7 - Na'houm Ich Gam Zou expie son manque d'empressement

"Tu ouvriras ta main au pauvre", etc.
Celui qui se soustrait à cette obligation est considéré comme un assassin (parce qu'il aurait pu venir en aide à un pauvre, qu'il ne l'a pas fait et qu'à cause de cela, il peut mourir de faim).

L'histoire de Na'hum Ich Gam Zou (Talmud Taanit 21) vient nous illustrer l'importance de ce fait.

Une fois, Na'hum Ich Gam Zou était en chemin lorsqu'un pauvre l'interpella pour demander qu'on lui donne à manger. Na'hum lui répondit : "Laisse-moi décharger mon âne pour que je puisse te servir. Entre temps, le pauvre, assaillit par la faim, mourut. A la suite de cela, Na'hum cria vers le ciel :
"Que mes pieds qui n'ont pas couru pour chercher à manger soient amputés.
Que mes mains qui ne se sont pas dépêchées pour couper les sangles et donner à manger soient amputées.
Qui mes yeux qui n'ont pas pris ce pauvre en considération soient frappés de cécité. Et ainsi il en fut.
Lorsque ses élèves constatèrent ceci, ils s'écrièrent :
- " Si le Rav a voulu lui donner à manger, Pourquoi une telle punition ?
- "Ceci parce que j'ai manqué d'empressement pour ce pauvre affamé, j'aurai du déchirer les sangles de mon âne pour lui donner tout de suite de quoi manger."

De là nous apprenons combien faut-il être prompt à accomplir cette mitsva et à ne pas la repousser à plus tard, car nous ignorons combien peut être grand le besoin de celui qui nous sollicite.

8 - huit degrés dans la manière de donner la Tsédaka (Y.D 249:6)

1- Remonter une personne dans la pauvreté par un don, un prêt ou une association afin qu'elle puisse subvenir seule à ses propres besoins. Il n'y a pas de niveau plus élevé.

2- Donner à une personne que l'on ignore par l'intermédiaire d'un envoyé (qui saura bien entendu donner à une personne vertueuse), sans que le destinataire sache de où provient l'argent, de même, donner dans une boîte de Tsédaka.
3- Le donateur connaît le destinataire, mais non l'inverse, comme les tsadikim qui allaient la nuit de porte en porte glisser en cachette quelques pièces d'argent dans les maisons des pauvres pour éviter de faire honte à ces derniers.

4- Le destinataire connaît le donateur mais non l'inverse.

5- Le donateur offre l'argent avant que le pauvre le demande.

6- Le donateur offre l'argent sur la demande du pauvre.

7- Le donateur offre l'argent de bon cœur avec le sourire.

8- Le donateur offre l'argent à contrecœur.

La forme de Tsédaka la plus élevée consiste à donner aux pauvres qui se fatiguent dans l'étude de la Torah. (Kohelet 11:1).
La mitsva d'entretenir ceux qui étudient la Torah a préséance sur celle de construire une synagogue ou d'écrire un Séfer Torah (à tel point que si l'on a pas d'argent pour entretenir ceux qui étudient, on doit vendre son Séfer Torah). (Choul'hane Arouch, Ora'h 'Haïm, 153:6).
On doit aider en premier les pauvres de sa ville, avant ceux des autres villes. Exception à cela : les pauvres qui résident en Terre d'Israël qui ont la priorité sur tous.
Il existe aussi une forme de tsédaka qui consiste à constituer une caisse de prêt sans intérêt.

Le Maasser

"Tu prélèveras le 10ème de ta récolte qui viendra de tes champs, chaque année" (Deuteronome 14:22)

(Pirké deRabbi Eliészer) : "Rabbi Yehoshoua ben Kara'ah dit : Avraham Avinou fut le premier à prélever la dîme dans le monde. Il est dit : "Il préleva la dîme sur Sodome et Amora, ainsi que sur les biens de son neveu, fils de son frère, et donna le tout à Chem fils de Noa'h, comme il est dit (Béréchit 14:20) : "Il lui donna le dixième de tout ce qu'il possédait".

(Pirké deRabbi Eliézer : Béréshit 26:12) : "Its'hak sema dans cette terre-ci !" Est-ce qu'Its'hak sema vraiment des graines dans la terre ? Mais en fait, il préleva le maasser et "sema" la tsédaka aux pauvres. Chaque chose dont il préleva la dîme, le Tout-Puissant lui ouvrit les portes de l'argent et de la bénédiction au centuple.
Il est ramené dans le Talmud : "prélèveras, tu prélèveras". (le mot "prélever" en hébreu ressemble beaucoup au mot "s'enrichir", faisant ainsi allusion que grâce au prélèvement on s'enrichit".
Rabbi Yo'hanan nous apprend qu'il n'y a qu'une chose pour laquelle il est permis de tester l'Eternel : le maasser, comme il est écrit (Malachie 3:10) : "Apportez toutes les dîmes j
usqu'à que notre bouche s'emmêle à force de dire : "Cela suffit".

9 - Histoire vraie : Prélève pour t'enrichir

On raconte à propos du Gaon Rabbi Sharabi que vint une fois le trouver un marchand triste et accablé. Il s'assit à côté du tsadik et commença à lui raconter que son commerce s'empirait de jour en jour. Il ne savait plus comment faire. Il avait un deuxième magasin d'habits et tout le monde l'estimait comme étant un homme riche à qui l'on pouvait demander .Mais seul le cœur connaît l'amertume dont souffre l'âme. Et l'état des comptes révélait que les pertes étaient plus importantes que les bénéfices et que ce commerçant était au bord de la faillite.
C'est pour cela qu'il vint trouver Rabbi Sharabi afin que grâce à sa grande sagesse, il puisse lui prodiguer un bon conseil pour améliorer sa situation. Le tsadik écouta toute son histoire puis lui répondit :
"Sache que la condition sans laquelle tu ne pourras rétablir la situation de ton entreprise, c'est de prélever le maasser sur tous tes bénéfices, chaque mois. Si tu t'applique à accomplir ce commandement, je te garantis que la bénédiction résidera chez toi.

Le marchand sortit encouragé de chez le Rav et décida dans son cœur d'accomplir cette mitsva de toutes ses forces. Peu après, la bénédiction vint se reposer chez le marchand qui se remit à ses affaires. Tout de suite, il préleva le maasser qu'il amena chez Rabbi Sharabi. Ce dernier distribua l'argent à ses élèves les plus démunis qui étudiaient la Torah.

La Hala'ha

Mitsva du prélèvement du Maasser sur l'argent

Selon un avis, le prélèvement du Maaser d'argent est une obligation de la Torah. Selon un deuxième avis, ce n'est qu'une ordonnance rabbinique. Une dernière opinion pense qu'il n'y a aucune obligation dans la Torah, mais que c'est un bon usage de le faire (Midat 'Hassidout).

Si l'on est très riche et qu'on en a la possibilité, on offrira tout ce dont le pauvre requiert pour l'élever à la condition d'un individu moyen. (Y.D 249:1)
S'il n'a pas de maison, il faut lui payer un loyer. (De nos jours, il est parfois plus avantageux d'acheter une maison à un pauvre que de lui payer un loyer éternellement, surtout en Israël).
Si la personne était habituée à un certain niveau de vie, par exemple, elle se déplaçait toujours à cheval avec un serviteur qui ouvrait le chemin et que par la suite cette personne s'étant appauvrie, avait honte de se déplacer à pieds, c'est une mitsva de lui offrir un cheval et un serviteur pour lui rendre les honneurs auxquels elle était habituée.

Si l'on ne peut lui donner tout ce dont il a besoin, on donnera 20 % de son revenu en disant bli néder (ce qui est considéré comme donner d'un bon œil).
Si on ne peut pas, on donnera 10 % de son revenu (oeil moyen).
Donner moins que cela, c'est faire preuve d'un mauvais œil.

Exemple: si une personne reçoit un héritage, la première année, elle devra prélever la partie citée plus haut sur le capital. Mais les années suivantes, elle ne prélèvera que sur le bénéfice engendré par capital.

Si elle a touché 100 000 Fr, elle pourra donner 20%, soit 20 000 Fr la première année, puis si par la suite, elle investira les 80 000 Fr restant. Si elle gagne chaque année 15 000 Fr, elle donnera 3 000 Fr de prélèvement.

Tout bénéfice engendré à la suite d'un travail il convient d'en prendre le maasser. De même, sur les intérêts permis selon la Torah (issus d'une association éter-isska). De même sur tout don reçu, héritage, ou argent trouvé.

Car il est évident que le but de la Torah n'est pas d'appauvrir la personne pour qu'elle devienne ensuite tributaire des autres, mais de l'enjoindre à faire la bienfaisance autour d'elle selon ses moyens.

Il convient et il est bon que celui qui désire faire cette mitsva dise avant de l acomplir "bli neder" c'est a dire qu'il ne s'engage pas par vœu à la faire tout le temps, afin qu'il ne faute pas pour avoir outrepassé un vœu.

Il ne faudra pas ainsi se dire : Mon capital et mes bénéfices risquent de se réduire.
Au contraire, c'est une vertu extraordinaire de cette mitsva pour recevoir la bénédiction matérielle. Ainsi il convient de l'accomplir dans tous ses détails selon la halakha. (Code de la loi juive) et l'Eternel enverra la bénédiction de l'œuvre de Ses mains.

Un baal téshouva (personne qui a reçu depuis peu sur lui le joug de la Torah) qui n'a jamais prélevé le maasser de sa vie n'a pas l'obligation de prélever sur tout ce qu'il a gagné pendant toute sa vie. Il suffira qu'il donne le maasser sur ce qu'il gagne aujourd'hui. Heureux sera le lot de celui qui prend sur lui ce bon usage.
Le mérite de celui qui prélève sera d'autant plus grand s'il pense au début de l'année que chaque dixième jour sera saint en l'honneur de l'Eternel, et qu'il s'adonnera à jeûner, à se repentir sur ses mauvaises actions, à étudier la Torah et donner la tsédaka (sauf un jour de Shabbath ou Yom Tov bien entendu). Et les jours où il ne jeûnera pas, il s'adonnera encore plus à l'étude de la Torah et à s'isoler pour parler à D-ieu.

Celui qui a été blessé et a reçu pour cela un dédommagement n'a pas besoin de prélever le maasser sur cet argent, car ce n'est pas un bénéfice. Mais il est souhaitable d'utiliser cet argent pour des mitsvot comme acheter des téfilines, des livres pour étudier ou les prêter à d'autres.

Celui qui voyage de ville en ville pour son travail aura le droit de déduire ses dépenses de voyage et d'hébergement de ses bénéfices. De même que pour le manger et la boisson, il comptera combien il a dépensé en plus que s'il était resté chez lui à la maison et il aura le droit de déduire cette différence.

De qui l'on reçoit la Tsédaka et à qui on la donne ?

Tout homme est obligé de donner la tsédaka même s'il vit lui-même de la tsédaka des autres. On doit prélever même la veille de Shabbath.

Un pauvre qui vient et nous demande : "Donne-moi à manger", nous ne suspectons pas qu'il cherche à nous tromper donc nous lui donnons à manger tout de suite. Mais seul dans une maison nous ne devons pas ouvrir la porte (danger). S'il demande de l'argent pour s'habiller, on vérifie s'il n'est pas un faux pauvre. Si on le connaît, on lui donne tout de suite. Un pauvre qui demande à manger passe avant un pauvre qui demande à s'habiller.

Celui qui récolte des fonds de Tsédaka pour une institution devra être un homme intègre, craignant D-ieu, et accomplissant les mitsvot. Si ce n'est pas le cas, nous n'avons pas le devoir de lui donner la tsédaka.

Les responsables de l'institution devront connaître les lois concernant la distribution de la Tsédaka pour les pauvres.

Tout celui qui verse de l'argent pour ses fils et ses filles déjà en âge de subvenir à leurs propres besoins mais ceci afin que ses fils puissent apprendre la Torah et que ses filles marchent dans le bon chemin, de même de l'argent versé à ses parents qui en ont besoin, tout cela rentre dans le principe de Tsédaka et non seulement cela, mais de plus, ils ont préséance sur les autres. Même un proche qui n'est ni le fils, ni le père doit passer avant les autres. Le frère de son père a préséance sur le frère de sa mère, les pauvres de sa maison avant les pauvres de la ville.
Un pauvre de sa ville passe avant un pauvre d'une autre ville. Un pauvre d'Israël passe avant un pauvre d'en dehors d'Israël. Certains disent que les pauvres de Jérusalem ont préséance sur les pauvres des autres villes d'Israël.

(Y.D. 251:9) S'il y a à choisir à aider un Cohen Gadol ignorant en Torah ou un mamzer (bâtard) Sage de la Torah, on choisira le mamzer Talmid 'Hacham (Sage de la Torah).
Un Sage a préséance sur tous. Plus la personne a de sagesse, plus elle a préséance sur les autres. Si l'un est en même temps, le père et le Rav, il aura préséance même s'il est moins grand en sagesse qu'un autre.

Une femme aura préséance sur un homme concernant la nourriture et les habits. De même une orpheline aura préséance sur un orphelin pour les dépenses du mariage.

Il faut donner l'argent de bon cœur et avec le sourire et s'associer à la douleur du pauvre et lui adresser des paroles de consolation. Si nous donnons à contrecœur et en grimaçant, nous perdons le mérite de la mitsva, même si nous donnons beaucoup. Et l'on enfreindrait l'interdiction : "Tu ne porteras pas de mal dans ton cœur".

Si un pauvre nous sollicite et que nous n'ayons pas de quoi lui donner, on ne le renverra pas crûment, mais on cherchera à l'apaiser par de douces paroles et on lui expliquera qu'on aurait voulu l'aider mais qu'on ne peut pas pour l'instant. De toutes les manières, on ne le renverra pas les mains vides mais on lui donnera au moins un fruit (même une figue sèche).

Celui qui donne la tsédaka ne s'en vantera pas, car s'il le fait, non seulement il perd tout son mérite, mais de plus il en sera puni.
Dans ce cas, cela devrait être interdit de donner la Tsédaka à voix haute lorsqu'on fait un appel à la synagogue ou dans un gala en faveur d'une Yéshiva ?
Lorsque qu'une personne fait la mitsva de tsédaka à haute voix, il inspire les autres à acquérir le même mérite par le don qu'ils feront aussi, c'est pourquoi, cet usage est tout à fait recommandable. En ce qui concerne celui qui fait don d'un objet à la tsédaka pour une synagogue, il sera permis d'inscrire son nom en mémoire sur cet objet et c'est même une bonne chose d'agir ainsi.

Celui qui veut financer une association Issa'har-Zévouloun, il a le choix entre deux Issa'har. Le premier qui étudie beaucoup de matières mais qui ne révise pas ce qu'il a déjà appris. Le deuxième qui réduit son champ d'étude mais qui révise ce qu'il a étudié. Il est préférable de s'associer avec la deuxième personne qui révise et se souvient.

Le mérite de celui qui sollicite les autres à donner la Tsédaka est plus grand que celui qui la donne. Ceux qui sont préposés à récolter la tsédaka ne devront pas se décontenancer si on leur fait honte, car leur mérite n'en sera que plus grand.

On doit se lever devant celui qui récolte la tsédaka d'une personne à l'autre, comme devant tout celui qui fait une mitsva, mais si celui qui récolte reçoit un salaire pour ses efforts, on ne doit pas se lever devant lui.

ZOHAR: A ceux qui soutiennent l'étude de la Torah.

Question posée et commentée par Rabbi Bon :

Les fils de Yaacov, les douze tribus, furent tous placées ici-bas comme elles le sont en haut.
Alors pourquoi Zevouloun précède-t-il toujours Yssa'har dans les berakhot de Yaacov ?
Yssa'har est pourtant l'aîné de Zevouloun, et c'est de lui que descendront de nombreux Sages du Sanhédrin (la Grande Assemblée, dont dépend toute l'application de la Torah dans le Peuple d'Israël).
C'est pour nous enseigner que Zevouloun le mérita .En effet, il'' fit sortir le pain de sa bouche et le mit dans la bouche d'Yssa'har."

Zevouloun ne se contentait pas de donner uniquement la Tsedaka pour s'acquitter de la mitsva, il partageait intégralement ses revenus pour les donner à son frère qui étudiait la Torah.
Telle est la signification du verset "sortir le pain de sa bouche".

De là nous apprenons que celui qui aide ceux qui étudient la Torah reçoit des berakhot (bénédictions) d'en haut et d'en bas. Il bénéficiera donc lui aussi d'une richesse dans ce monde-ci, et il aura sa part au monde futur.
C'est ce que dit le verset :
"Zevouloun siégera au bord des mers - et il sera lui-même une rive pour les bateaux."
Il faut comprendre "au bord des mers" - dans ce monde-ci, et "au bord des bateaux"- dans le monde futur, comme il est dit : "là-bas vont les bateaux", c'est-à-dire que c'est de là-bas qu'afflue l'abondance du monde futur.


"Maudis sois celui qui ne relève pas la Torah". (Deuteronome 27:26)
(Talmud Yérouchalmi Sotah 7:4) "Est ce que la Torah est tombée pour qu'on ait besoin de la relever ?
Rabbi A'ha au nom de Rabbi Tan'houm fils de Rabbi 'Hiya répond : celui qui a étudié, enseigné, accompli et avait la possibilité de soutenir d'autres gens qui étudient la Torah et ne la pas fait attire sur lui la malédiction. Par contre Celui qui n'a pas étudié, enseigné et accompli et qui n'avait pas les moyens pour soutenir des gens dans la Torah et l'a quand même fait attire sur lui la bénédiction.

Pourquoi la Torah, le Talmud, les Midrachim, le Zohar, etc. ont tellement insisté sur l'importance de soutenir ceux qui étudient la Torah et les Yéshivot ?
Si depuis 3000 ans le Peuple d'Israël existe encore malgré toutes les épreuves et les défaillances qu'il a subi dans l'histoire, c'est grâce à ceux qui ont sacrifié leur vie pour l'étude de la Torah et à ceux qui les ont soutenus.
C'était le but de l'ange destructeur d'Essav étant dans l'impossibilité d'exterminer Yaakov représentant le Peuple d'Israël, il le frappa néanmoins à la jambe qui représente ceux qui soutiennent la Torah, parvenant à les affaiblir.
C'est pour cela que nous voyons très souvent des donateurs s'empresser à verser de fortes sommes d'argent à toutes sortes d'organisations (qui peut-être sont louables) et se refroidissent pour soutenir la Torah vivante : les étudiants de la Torah.

Celui qui a eu un comportement sexuel immoral, sa réparation se fera par l'étude de la Torah. Donc il devra étudier et soutenir ceux qui étudient. Car l'homme a deux bouches symétriques : une pour avoir des enfants (matériels) et l'autre des enfants (spirituels : la parole). La bouche d'en-haut réparera la bouche d'en-bas

Lorsqu'une personne soutient ceux qui étudient la Torah, il aura l'intention de le faire pour l'amour et l'honneur de la Torah et non pas parce qu'il trouve le Sage sympathique ou qu'il veut s'accaparer des honneurs.

On vend une synagogue et même un Sefer Torah pour subvenir aux besoins des étudiants de la Torah ou pour marier des orphelins(ines). De là, une grande réprimande à ceux qui délaissent la Torah dans leur ville. (O.H 153:6, Michna Broura).
Et non pas comme tout le monde pense qu'il n'y a pas de mitsva plus grande que l'écriture d'un Séfer Torah et ne donnent pas pour ceux qui étudient.

Le rama (rabbi moshe iserlich) dit que l'homme doit prêter attention a un point très important. De la même manière que l'on souhaite que D… écoute nos prières et nos supplications il faudrait que nous même tendions notre oreille aux supplications des pauvres (Y.D 257 .3)
Tout celui qui a pitie des pauvres D-ieu aura pitie de lui. car c'est un tres grand merite de donner la tsedaka et d'etre en quelque sorte un émissaire de la volonté de D-ieu sur cette terre.

En conclusion

C'est un merite de donner...
Et nous voyons comment le peuple d'Israel se comporte d'une facon merveilleuse avec cette mitsva.